"Courage, Zorobabel !"

Ag 2,1-9

 

 

 

Prenons le temps d'écouter ce matin le message tonifiant du prophète Aggée.

 

²  Il nous reporte à la deuxième année du roi perse Darius (I), exactement en octobre 520, au dernier jour de la fête des Huttes (vendanges).

Les fils d'Israël sont revenus de l'Exil depuis 18 ans, et sont encore pour longtemps soumis à l'administration de l'Empire perse. Néanmoins, sur l'ordre de Dieu, ils se sont mis à l'ouvrage pour rebâtir le Temple.

Une sorte d'union sacrée s'est faite autour de ce projet, auquel collaborent le prince Zorobabel, descendant de David, et le prêtre Josué, appelé pour la première fois "le grand prêtre".

Les travaux ont commencé depuis un mois, mais déjà un certain découragement risque de paralyser les bâtisseurs. Et qu'est-ce qui leur fait ainsi baisser les bras ? – la déception. Ce qu'ils bâtissent ensemble leur paraît dérisoire, surtout aux hommes de soixante ans qui ont connu, avant l'Exil, la splendeur du premier Temple.

 

²  Le prophète Aggée commence par faire droit à cette déception :

"Quel est, parmi vous, le survivant qui a vu le Temple dans sa gloire première ? Et comment le voyez-vous maintenant ? À vos yeux n'est-il pas comme rien ?"

L'image du passé parasite le présent, et pour un peu l'on cesserait de bâtir, parce que l'on a honte de trop petits moyens ou d'une réalisation trop modeste.

C'est une tentation qui guette chaque croyant, chaque famille, chaque communauté, parce que l'aujourd'hui paraît besogneux, fragile, ou sans éclat ; il est "comme rien à nos yeux", et nous commençons à réagir en vaincus : nous continuons sur notre lancée, mais comme battus d'avance, en nous contentant de gérer les souvenirs.

 

²  Mais l'œuvre de Dieu ne peut pas attendre ; la Maison de prière doit être bâtie, et nos jeunes ont besoin de nous voir bâtir avec eux le Temple d'aujourd'hui.

            D'où l'appel vigoureux du prophète, qui nous rejoint et nous réveille en ce temps de l'après-concile :"Courage, Zorobabel ! Courage, Josué ! Courage, tout le peuple du pays !"

Il n'est pas nécessaire de voir en nous-mêmes ou autour de nous des raisons d'espérer : il suffit de croire en la présence active du Seigneur Jésus ressuscité :

"Car je suis au milieu de vous, dit le Seigneur, et mon Esprit désormais demeure au milieu de vous. Ne craignez pas !"

 

²  Si nous continuons à bâtir, avec nos faibles moyens, Dieu mettra en œuvre ses moyens de Dieu :"J'ébranlerai toutes les nations. Alors afflueront les trésors de toutes les nations !"

Autrement dit la Maison de prière (de notre foyer, de notre famille, de notre communauté) sera achevée avec des richesses et des forces que Dieu lui- même trouvera pour nous.

 

Bien plus : le Seigneur versera dans notre tablier une mesure surabondante – car lorsque Dieu exauce, c'est toujours royal – et il inversera la disproportion : au lieu de nous attrister de nos faibles résultats, nous rendrons grâces pour la merveille que Dieu aura faite en notre pauvreté :

 

"J'emplirai de gloire ce Temple, dit le Seigneur ;

la gloire à venir de ce Temple dépassera la gloire première,

et dans ce lieu, je donnerai la paix".

 

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