"Vivez dans l'action de grâces"

(Col 3,12-17)

 

 

 

 

 

 

Saint Paul y insiste dans sa lettre aux chrétiens de Colosses (1,12; 2,7; 3,15-17; 4,2) : tous ceux et toutes celles qui ont été "choisis par Dieu, ses fidèles et ses bien-aimés" doivent vivre résolument dans l'action de grâces, non pas qu'ils soient, par leur fidélité, immunisés contre l'épreuve ou le malheur, mais parce qu'ils regardent toujours au-delà vers Celui qui "est avec" eux et qui les attend.

 

²  La première nécessité, pour demeurer à travers tout dans l'action de grâces, est que la parole du Christ "habite en nous avec toute sa richesse", qu'elle nous aide, comme dit l'Imitation, à "tout reconduire à Dieu", à tout voir dans sa lumière et sur le chemin de son amour. C'est en recevant tout de sa "main puissante" (1P 5,6) que nous pouvons, en toute circonstance, "chanter à Dieu notre reconnaissance".

 

²  Une deuxième attitude nous mettra à chaque heure sur la route de l'action de grâces, c'est de nous efforcer "de tout faire au nom du Seigneur Jésus Christ", ce qui implique qu'on Le regarde sans cesse pour mieux entrer dans son mystère. Plus nous approchons de la grande rencontre, plus il nous faut revenir à la source toujours fraîche de notre baptême ; plus l'avenir nous pose des problèmes, et plus il nous faut renouveler les grandes promesses de notre profession. "Lui, Lui, rien que Lui" : là est notre vérité, là est notre bonheur. Les misères et l'âge n'y font rien : nous sommes contemporains de notre entrée au Carmel.

Aujourd'hui comme hier une plage immense s'ouvre devant nous pour la vie fraternelle, et c'est elle qui mesurera notre amour du Seigneur, quelles que soient les données, heureuses ou rudes, de notre existence. Saint Paul nous disait à l'instant, comme s'il avait vécu ce que nous avons à vivre :"Revêtez votre cœur de tendresse, de bonté, d'humilité, de douceur et de patience". Tout cela prend au long des jours un visage très concret, et nous savons ce qu'il en coûte de reprendre sans se lasser le chemin du pardon. Mais c'est à ce prix que notre vie trouvera son unité.

 

²  Sur quoi débouche cette existence éclairée par la parole de Jésus et son commandement d'amour ? Paul n'a qu'un mot pour l'exprimer, mais qui fleure bon l'Évangile : la paix. Pas n'importe quelle tranquillité, achetée par des compromis, mais la paix du Christ, sa paix de Fils de Dieu qui ne se sent jamais seul.

Et cette paix-là n'est nullement aléatoire, comme s'il fallait attendre l'éternité pour la goûter auprès de Dieu ; c'est la paix pour maintenant, parmi nos frères et nos sœurs, la paix pour tous les jours, aux moments de prière comme aux heures de dévouement. À cette paix nous sommes "appelés" dès aujourd'hui, comme les membres d'un seul corps.

Paix d'une fille de Dieu, qui ne cherche qu'une chose : la volonté du Père.

Paix d'une consacrée, qui a voué sa vie à la recherche de l'Évangile.

Paix d'une disciple de Jésus, qui s'est donnée sans retour pour le salut du monde.

 

 

 

C'est la mesure de Dieu, "bien pleine, tassée, secouée, débordante", qui sera versée, dès aujourd'hui si vous le voulez, dans votre tablier.

 

 

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