"Vraiment fils"

(Ga 4,4)

 

 

L'œuvre du Christ est scandée par trois mots de la lettre aux Galates : libération, filiation, héritage. "Quand vint la plénitude du temps (c'est-à-dire quand Dieu décida que l'histoire avait suffisamment mûri le monde), Dieu envoya son propre Fils, né d'une femme, né sujet de la loi, pour nous racheter, nous qui étions sous le joug de la loi, sous le coup du péché, et faire de nous des fils" (cf. Ga 4,4).

² Bien qu'il fût le "maître de tout", ce Fils de Dieu a voulu passer parmi nous comme un enfant d'abord, puis comme le Serviteur.
Mais s'il a voulu communier ainsi à notre servitude, c'était pour nous faire communier à sa liberté. Et cette liberté qui nous est offerte est infiniment plus que la fin de l'esclavage : "Si le Fils vous libère, disait Jésus, vous serez vraiment libres" (Jn 8,36).
Être libres, de la liberté de Jésus, c'est la possibilité pour nous :
- de faire confiance à un Dieu qui nous fait confiance,
- de répondre à un Dieu qui nous parle,
- d'aimer ce Dieu comme des fils et des filles, et de lui redire ce que Jésus lui disait.

² Or comment priait le Christ, à Gethsémani par exemple ?
Il disait dans sa langue : "Abba", qui est intraduisible. Sans être enfantin le moins du monde, ce mot signifie quelque chose entre "père vénéré" et "père chéri". Il y entrait autant d'affection que de respect, autant de tendresse que d'admiration.
Ce qu'il y avait de plus intime, de plus fort, de plus vibrant dans le cœur du Christ nous a été conservé rien que dans ce seul nom, et les premiers chrétiens ne s'y sont pas trompés : ils ont gardé le mot tel quel, sans chercher à le traduire, comme une relique de l'amour filial de Jésus.

 

² Et parce que d'instinct nous reculerions devant la simplicité inouïe de ce nom, pour nous prouver que nous sommes bien des fils, et vraiment libres de L'aimer, "Dieu a envoyé dans notre cœur l'Esprit de son Fils pour crier en nous : "Abba, Père".
Il n'y a donc plus d'esclaves, mais des fils, et si nous sommes vraiment fils, un jour nous hériterons de Dieu", nous hériterons Dieu lui- même (cf.Ga 4,4).

Chaque dimanche, et même chaque Eucharistie, est une fête de la liberté, qui nous branche à la fois sur Noël et sur Pâques.
Accueillons cette liberté qui nous vient, comme un don de grâce, d'une souvenance de Dieu Père, par le Fils qui a porté le poids de nos servitudes, cette liberté des vrais enfants de Dieu qui ont au cœur l'Esprit de Jésus.

"Si c'est l'Esprit qui nous fait vivre, alors marchons selon l'Esprit" (Ga 3,25).

 

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