"Travaillez à votre salut"

Ph 2,11-18

 

 

 

 

 

²  Pour bien saisir ce que Paul nous demande, il faut d'abord comprendre ce qu'il nous dit de Dieu.

Dieu veut notre bien, et il n'a pour nous qu'un projet de bonheur. C'est donc toujours sur l'axe du bonheur que nous pouvons le chercher et le trouver ; et c'est en vue de ce bonheur qu'il nous donne chaque jour la force de vouloir, puis la force d'accomplir.

 

²  Mais si Dieu nous offre aussi un cœur nouveau, il nous dit en même temps :"faites-vous un cœur nouveau", et c'est cette exigence paternelle que Paul traduit en disant :"travaillez à votre salut".

            Il ajoute toutefois, et cela peut nous surprendre :"avec crainte et tremblement".

Bien évidemment il ne peut s'agir d'avoir peur de Dieu, parce que son désir est de réussir l'homme et de faire son bonheur. Dans le langage de la Bible, ce que nous traduisons par "crainte de Dieu", ce n'était pas une terreur ou une appréhension, mais une attitude de profond respect manifestée par une obéissance filiale ; et c'est encore tout à fait ce qui convient aux disciples de Jésus.

 

            "Avec crainte et tremblement", dit Paul, et dans cette perspective hautement spirituelle il ne peut donc s'agir d'un tremblement de frayeur, mais d'un frémissement de respect et d'admiration devant la majesté de Dieu qui se fait si proche de nous.

            Travailler à notre salut "avec crainte et tremblement", c'est donc entrer dans le dessein bienveillant de Dieu avec sérieux et avec joie, avec respect et allégresse filiale.

 

²  Alors s'éclairent les consignes de Paul pour la vie quotidienne.

Il loue les Philippiens qui lui montrent toujours leur obéissance, mais c'est avant tout à Dieu qu'il s'agit d'obéir et de plaire. Que Paul soit présent ou pas, c'est Dieu que l'on doit servir "sans murmures ni discussions".

            Murmurer contre les plans de Dieu, contester sa fidélité, ce fut le péché des tribus dans le désert, "la génération dévoyée et pervertie". Les vrais enfants de Dieu, au contraire, entrent dans ses vues avec toute leur foi, et "ils brillent dans le monde" comme autant de "foyers de lumière", non pas à cause de qualités humaines exceptionnelles, mais parce qu'ils gardent en eux la parole de vie et en témoignent.

 

            Que la force puisée dans cette Eucharistie vienne apaiser en nous tous les murmures du cœur ou de l'esprit. Qu'elle resserre davantage aujourd'hui les liens de fraternité.

            Le Jour du Christ se prépare chaque jour, et en travaillant à notre salut il nous faut œuvrer, rien que pour aujourd'hui, au salut du monde que Dieu aime.

 

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