La statue et la petite pierre

Dn 2,31-45

 

 

 

 

 

 

 

Est-ce que des historiettes vont nous convertir ? C'est aujourd'hui tout l'enjeu de la première lecture : tout comme Jésus a créé de petites paraboles pour faire comprendre le cœur de Dieu, l'AT cache parfois ses enseignements dans de courtes histoires, qui ne prétendent pas toutes à la vérité historique, mais qui sont pleines de sève biblique.

 

²   Rien de plus transparent que le songe de Nabuchodonosor, surtout que nous entrons en même temps que le roi dans son explication par Daniel : les différents étages de la statue ne sont autres que différents royaumes, qui se remplacent l'un l'autre, mais vont inexorablement vers la dégénérescence : de l'or, on passe à l'argent, au bronze, puis au mélange instable du fer et de l'argile. Jusqu'à ce qu'une petite pierre, détachée par Dieu de la montagne, vienne heurter et pulvériser le dernier de ces royaumes.

 

Ainsi le Règne de Dieu, qui n'aura pas de fin, triomphera toujours des puissances politiques. D'abord d'apparence anodine, il deviendra vite un énorme rocher qui remplira toute la terre. C'est bien ce à quoi nous assistons : l'Évangile rejoint maintenant les confins de la terre, et de plus en plus rares sont les peuplades qui n'ont pas entendu parler de Jésus Christ.

 

²   Mais la statue du songe est aussi une image de toutes nos constructions personnelles, où voisinent le meilleur et pire, le plus solide et le plus friable, le plus digne de Dieu et l'illusion la plus humaine. Jusqu'au jour, qui est le moment de notre grande conversion, où la petite pierre du Royaume vient heurter les pieds de notre construction et tout réduire "comme la paille qui s'envole en été, au moment du battage". Et la petite pierre du Royaume de Dieu, remplit peu à peu tout l'espace de notre vie et de notre cœur.

 

²   Loi de disproportion entre l'impact de ce que Dieu fait et la solidité tout apparente de nos constructions humaines. Le Royaume veut tout remplacer, le Christ veut tout prendre, et devant lui, toute richesse s'évanouit comme de la menue paille qui s'envole. Pourtant, apparemment, il y a de l'or, de l'argent et du bronze : de quoi défier le temps ! Mais les pieds de fer et d'argile que nous laissons subsister ne résisteront pas au choc de l'Évangile, et toute la construction où nous mettions notre fierté et notre espoir, fera place à  la construction grandissante du Christ.

 

²   Au début, l'Évangile ne paie pas de mine, mais très vite il grandit dans notre vie et veut prendre jusqu'au dernier réflexe, "comme un immense rocher qui remplirait la terre". Tout ce qui était pour nous des avantages, tout ce qui nous permettait de briller parmi les humains, nous le considérons peu à peu comme des balayures, au prix de la connaissance de Jésus, qui surpasse tout, et en nous le Royaume prend la place des royaumes éphémères que nous avions forgés.

 

Page d'accueil

Retour Homélies nouvelles