Le Sang du Christ

Hébreux

 

 

 

 

Il n'y aura plus de sang, plus jamais,

car Dieu n'en veut plus désormais dans le culte de la Nouvelle Alliance ;

plus d'animaux égorgés aux abords du Temple.

Jésus aura été la dernière victime, et l'Alliance scellée par sa mort est non seulement nouvelle, mais éternelle :"Le Christ ressuscité ne meurt plus, la mort sur lui n'a plus d'empire" (Rm 6,9);

 

La mort de Jésus vaut une fois pour toutes, et jusqu'à la fin des temps son sang versé sur la Croix continuera à crier vers le ciel, plus fort que le sang d'Abel, appelant non pas le châtiment des hommes, mais le pardon de leurs péchés, et rassemblant les hommes de toute tribu, langue, peuple et nation, pour les souder en un seul corps.

 

L'épître aux Hébreux met sur les lèvres du Christ ces paroles du Psalmiste :

"Tu n'as voulu, ô Dieu, ni sacrifice ni oblation.

Alors j'ai dit : Voici, je viens, ô Père, pour accomplir ta volonté" (Hb 10,5).

C'est ce geste filial d'obéissance qui a amené le Christ Jésus jusqu'au sacrifice de sa vie.

La volonté du Père a été l'unique passion de Jésus, sa "nourriture" (Jo 4,32) ; et c'est cela qui remplissait sa vie :"Je ne suis jamais seul" (16,32).

 

Le sang de Jésus, le sang versé, est donc le signe de son amour pour le Père ; mais en même temps, et inséparablement, il est le signe de son amour pour nous : Jésus a été jusqu'à l'extrême de l'abaissement, jusqu'à l'extrême du don : "Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout" (Jo 13,1).

 

Le sang de Jésus est aussi le breuvage de la vie éternelle, le vin de la joie des noces promis à Cana :"Celui qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui" (Jo 6,56).

Pour les Sémites, le sang, c'était la vie ; et désormais c'est par son sang que Jésus va nous communiquer sa vie et transformer, dès aujourd'hui, notre existence, nous faire communier à son destin de Sauveur, à son mystère de mort et de résurrection.

 

"Ayez en vous les mêmes sentiments qui étaient dans le Christ" (Ph 2,5),

accueil sans réserve de la volonté de Dieu, don sans réserve à son Royaume :

"Ma vie, nul ne la prend, mais c'est moi qui la donne. C'est pour cela que le Père m'aime : je donne ma vie, et j'ai pouvoir de la reprendre" (Jo 10,17).

"Si j'offre un holocauste, tu n'en veux pas …(Ps 51,18).

 

"Mon sacrifice, c'est un esprit brisé", disons-nous à notre tour ;

un esprit brisé, c'est un cœur chrétien qui accepte la croix du service, la souffrance du corps ou des pensées, les mille brisures quotidiennes de l'obéissance ou de la vie en communauté.

Plus radicalement, un esprit brisé est celui d'un chrétien qui accepte de mesurer sa vie à l'idéal des Béatitudes et de se convertir sans cesse.

Même si cela doit traverser toute une épaisseur de refus, de compromis et d'amour propre.

 

"D'un cœur broyé, Seigneur, tu n'as pas de mépris".

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