Daniel, de race royale

Da 1,1-20

 

 

 

 

 

 

 

Bien malin qui dirait ce qu'il y a d'historiquement certain dans la vie de Daniel, qui est partiellement une œuvre de fiction destinée à édifier le peuple et à faire grandir la foi en Yahweh, maître de l'histoire. L'important pour nous, au cours de cette Eucharistie, est de ressaisir la leçon spirituelle que l'auteur tire des événements.

 

Il y a des capacités humaines, qui s'acquièrent et se développent par l'effort et la persévérance . Ce sont les dons ordinaires de Dieu :"Aux quatre jeunes gens, Dieu accorda science et habileté en matière d'écriture et de sagesse", comprenons que Dieu leur donna de réussir haut la main dans toutes les questions touchant la culture et le savoir-faire. Mais la sagesse suprême, Dieu ne l'accorde qu'à quelques-uns :"Daniel, en outre, savait interpréter les visions et les songes", par lesquels, d'après l'esprit du temps, Dieu était censé parler aux hommes pour leur révéler d'avance son plan ou ses volontés.

 

Et pour bien montrer que le tout venait de Dieu, l'auteur fait des quatre jeunes gens des écologistes avant la lettre, ou tout au moins des végétariens décidés. Leur régime leur donne, en dix jours, "belle mine et meilleure santé que tous les jeunes gens qui mangeaient des mets du roi". Résultat : contre toute prévision pessimiste, non seulement les quatre jeunes gens, de race royale et de belle prestance, entrent au service du roi, mais, "sur toutes les questions demandant sagesse et intelligence que le roi leur posait, il les trouvait dix fois supérieurs à tous les magiciens et devins de son royaume".

 

La leçon nous paraît simple et toute transparente : l'ascèse que l'on accepte pour servir le Seigneur se montre plus efficace que tous les régimes humains et les mets royaux ; elle confère une santé de base et une liberté d'action qu'éprouvent tous ceux et toutes celles qui se gardent à jeun pour l'œuvre de Dieu. Et cette leçon suffit à l'auteur : camper un style d'homme et un style de vie, cela lui suffit pour redire à la fois les droits de Dieu et le bonheur inaltérable de ceux qui lui font confiance.

 

Et de fait, point n'est besoin d'aller chercher trop loin la vérité que l'auteur veut nous inculquer. Il s'agit de rester devant notre Dieu dans une attitude filiale et libre, libre parce que filiale, et de recevoir de lui le degré de sagesse qu'il veut nous départir pour le bien de son peuple. Chercher en tout la volonté de notre Dieu, et nous y ajuster constamment, telle est la justice qui éclaira la vie de Jésus, telle est la sainteté qui fit le quotidien de Marie. Quelle sagesse le Seigneur a-t-il voulu pour nous ? Nous le devinerons un peu durant notre vie sur la terre, et nous le saurons définitivement lorsque nous paraîtrons devant lui

 

Ce qui nous importe, c'est d'entrer dès à présent à son service, d'y trouver notre assurance et d'y puiser chaque jour notre joie.