Recherchez les choses d'en haut

Paul, Col 3, 1-11

 

Après de grands rappels doctrinaux, Paul est maintenant en mesure de développer son exhortation aux chrétiens de Colosses, Il prend le temps de redire à ses correspondants le principe de base de tout leur comportement de croyants: ils doivent tendre vers les réalités d'en haut ; il leur dresse un catalogue de fautes à éviter (3,5-9a), puis leur précise le pourquoi de tous ces efforts : ils doivent revêtir l'homme nouveau (v.9b-11). La liturgie remet à demain deux éléments importants de cette exhortation : la description de l'attitude fraternelle (v.12-15) et la place centrale de la parole de Dieu (v.16-17).

Pour vivre de cette parole, nous avons à nous poser aujourd'hui trois questions. La première nous situe tout de suite dans les préoccupations majeures de saint Paul. Que sont les réalités d'en haut que nous avons à rechercher ? Ce sont celles qui nous identifient au Christ, assis à la droite de Dieu après le sacrifice de sa vie. Notons bien que ces réalités sont à vivre ici-bas, dans le temps très long ou très court qui nous sépare de la grande rencontre, au milieu de nos frères et de nos sœurs, parmi tous ceux et toutes celles que Dieu nous demande d'aimer. Il n'est nullement question de nous évader de ce monde de la fidélité, où Dieu attend notre témoignage, et nos frères et sœurs les mille et une formes de notre amour et de notre service. Ces réalités d'en haut nous permettent chaque jour de cacher notre vie en Dieu tout comme le Christ a vécu et vit encore caché en Dieu. Le plus vrai et le plus profond de nous-mêmes échappe ainsi à notre regard, et ne sera dévoilé que par Dieu dans la lumière aveuglante de la Parousie du Seigneur : "Quand paraîtra le Christ, notre vie, alors nous paraîtrons avec lui en pleine gloire", au milieu des réalités d'en haut que nous aurons cherchées ici-bas.

La deuxième question pourrait nous paraître plus terre à terre. De ce qui appartient encore à ce monde et qu'il faut faire mourir en nous, de ce qui provoque, selon l'image de Paul, la colère de Dieu, ou du moins son déplaisir et sa sévérité, qu'allons-nous retenir pour centrer nos efforts ? La débauche, l'impureté, les passions, l'appétit de jouissance, tout cela était vécu sous le signe du vieil homme et a été laissé dans le monde. Mais dirons-nous que nous n'avons pas à nous débarrasser de ce que saint Paul énumère ensuite : la colère, sous ses diverses formes, la méchanceté, le mensonge et ses dérivés. Voilà ce que nous devons traquer dans les replis de notre cœur, si nous voulons dès maintenant revêtir l'homme nouveau, celui que le Créateur refait tout neuf en nous à sa propre image, pour nous conduire pas à pas à la vraie connaissance.

Et c'est là que nous rejoint la troisième question posée par le texte : quel accueil faisons-nous à la nouveauté de Dieu ? Est-ce que nous nous laissons refaire par Dieu à son image de bonté, est-ce que nous nous laissons conduire par lui vers de nouvelles plages de connaissance où nous perdrons nos repères trop humains pour nous ouvrir à sa volonté et adorer ses choix ? Il est bon d'accepter que les chemins de Dieu soient pour nous déroutants ; comme chante la liturgie :

Par tes sentiers guide-nous vers où nous tendons : la lumière que tu habites.

 

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