"Lui, rien que Lui"

Hb 13

 

 

 

²  Je cherchais quoi vous dire avant de partir, quelle parole fraternelle vous laisser pour que nous restions en communion. Je ne trouve rien de mieux, rien de plus vibrant, de plus fort, de plus vigoureusement chrétien que les perspectives tonifiantes ouvertes par l'épître aux Hébreux :

"Il nous faut courir avec constance l'épreuve qui nous est proposée".

 

Non pas  seulement l'épreuve passagère :

telle prise de conscience douloureuse,

tel sursaut nécessaire de courage ou de vitalité spirituelle,

tel attachement à l'image de nous-mêmes qu'il nous faut lâcher,

mais l'épreuve totale et totalisante, celle même de la vie en Jésus Christ, d'une vie identifiée au mystère du Christ, mystère de mort et de vie, de mort pour la vie.

Cette épreuve-là n'est autre que la vie baptismale vécue avec une hâte nouvelle, celle qu'imprime à nos vies l'appel de Jésus.

 

²  Et pour courir cette épreuve, cette course de fond dans le stade du monde, devant une foule de supporters au balcon du ciel, devant tant de saints et de saintes qui nous encouragent de la voix et du geste, il nous faut rejeter non seulement le péché qui nous assiège, mais "tout fardeau", tout ce qui nous alourdit et nous embarrasse, tout ce qui, dans nos souvenirs du passé, dans nos perceptions du présent, dans nos prospectives personnelles, nous courbe sur nous-mêmes, nous fixe sur la récompense immédiate et nous maintient au centre de tout, au point que Dieu lui- même devient notre satellite.

 

²  Et le moyen, le moyen infaillible pour garder ou retrouver la légèreté de notre course, c'est de "fixer les yeux sur Jésus, l'initiateur et celui qui accomplit notre foi", celui qui est à la fois au point de départ et à l'arrivée de la course, l'alpha et l'oméga de notre vie sur terre.

            Le départ est donné, la course est lancée, nous n'avons plus le temps de poser à Dieu nos conditions, plus le temps de déposer une réclamation pour changer les règles du match ou le sens de la course : il faut courir, les yeux fixés sur Jésus seul. Comme disait la petite Thérèse à Jésus, en reprenant les paroles du Cantique :"Entraîne-moi après toi ; courons".

 

²  Ne nous étonnons pas de notre solitude. Dans un stade, on est parfois des centaines à courir, mais chacun est seul pour vouloir. Ne disons pas :"Ah ! Seigneur, je voudrais bien courir, mais le départ a été mal donné, le parcours est mal fléché, la banderole d'arrivée est cachée par la foule ; je voudrais bien courir, mais les autres m'envoient de la boue ; je voudrais bien te suivre, mais ton Église est gênante !

            Fixons les yeux sur Jésus qui, "au lieu de la joie qui lui était proposée endura une croix dont il méprisa l'infamie, et qui est assis désormais à la droite de Dieu".

            "Songeons à Celui qui a enduré une telle contradiction, afin de ne pas défaillir par lassitude de nos âmes".

 

Il serait vain de reporter sur d'autres la responsabilité de nos lenteurs et de nos échecs ;

il serait vain pour nous, et indigne de la Croix de Jésus, de réclamer le droit à la fatigue et de faire peser sur les autres notre lassitude, alors que Jésus est là, portant avec nous le fardeau, et qu'Il nous dit :

" Viens, cours, je suis avec toi, avec vous, jusqu'à la fin du monde".

 

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