Réconfort

            2 Co 1,3-7

 

 

     Texte de départ

 

Notre méditation partira d'un texte de Paul, 2 Co 1,3-7, la bénédiction qui marque le début de son apologie :

 

 

3.         Béni soit Dieu, Père de notre Seigneur Jésus-Christ, 

            le Père des compassions et le Dieu de tout réconfort,

 

4.         qui nous réconforte dans toutes nos peines

            afin que nous puissions réconforter ceux qui sont en quelque peine que ce soit

            par le réconfort dont nous sommes nous-mêmes réconfortés par Dieu.

 

5.                  De même en effet que les souffrances du Christ abondent pour nous,

Ainsi par le Christ abonde aussi notre réconfort.

 

6.                  Sommes-nous dans la peine, c'est pour votre réconfort et pour votre salut ;

sommes-nous réconfortés, c'est pour votre réconfort,

qui vous fait supporter avec constance

les mêmes souffrances dont nous souffrons nous aussi.

 

7.                  Et notre espoir à votre égard est ferme :

nous savons que, comme vous associés aux souffrances,

ainsi également au réconfort.

                       

 

Nous sommes vers la fin de 56. Paul a quitté Éphèse pour Troas puis pour la Macédoine, et Tite, l'homme de confiance, le négociateur des moments difficiles, vient le rejoindre, apportant de bonnes nouvelles de l'église de Corinthe, la communauté remuante qui a valu à Paul bien des alarmes.

D'habitude (sauf en Ga) Paul commence ses lettres par une action de grâces ; il remercie Dieu et félicite les communautés[1]pour leur foi active, pour leur charité qui se met en peine, pour leur espérance persévérante, pour la part qu'ils prennent à l'Évangile :"Comment pourrions-nous remercier Dieu suffisamment à votre sujet, pour toute la joie dont vous nous réjouissez devant notre Dieu ?" (1 Th 3,9).

 

Ici Paul préfère la bénédiction, comme au début du Ps 144,1 :"Béni soit Dieu, mon Rocher", et comme dans la prière juive du matin et du soir. Pas d'action de grâces ! Peut-être parce que les relations étaient encore tendues entre lui et la communauté ; ou peut-être parce qu'une action de grâces aurait été gratifiante et par là prématurée : comment remercier avant que le renouveau se soit affermi dans la communauté de Corinthe ?

 Bénir, c'est dire le bien que Dieu a fait ou que Dieu va faire, ou que Dieu fait constamment. Et la bénédiction permet à Paul d'articuler trois thèmes qui lui tiennent à cœur et qui résument bien ce qu'il vit présentement : les peines (thlipseis) et les souffrances (pathèmata), sur lesquelles nous passerons rapidement, et le réconfort, qui est proprement le but de notre analyse, et qui nous retiendra plus longuement.

 

Quelques mots sur les peines (thlipsis, thlipseis)

 

Le mot thlipsis ("peine", qui revient 4 fois) est familier à Paul, et pourtant difficilement traduisible : "détresse" est trop fort, "tribulation" trop superficiel ou trop usé. Il s'agit des difficultés, des épreuves, des afflictions qui surviennent dans la vie du croyant ou de l'apôtre de Jésus, que cela renvoie au dénuement ou à la faim[2], aux tracasseries, aux persécutions ou aux chaînes[3], aux désaccords[4] ou aux angoisses[5].

 

Au milieu de ces "peines" de tous genres, le témoin du Christ, selon Paul, doit garder la constance[6], une sorte de fierté[7], et même, paradoxalement, la joie[8]. C'est ainsi qu'il félicite les Thessaloniciens de leurs réflexes chrétiens :"Vous vous êtes montrés nos imitateurs et ceux du Seigneur, accueillant la parole parmi bien des peines avec la joie de l'Esprit-Saint" (1 Th 1,6).

 

 

Quelques mots sur les souffrances

 

Paul parle ici des souffrances (pathèmata, 4 occurrences dans notre texte) à trois niveaux :

-          les souffrances de Paul et des apôtres,

-          les souffrances des fidèles de Corinthe,

-          les souffrances du Christ, qui, dit Paul, "abondent pour nous", c'est-à-dire Paul et les apôtres

(eis = sur/vers).

            Les souffrances du Christ abondent pour/sur nous : en d'autres termes la participation aux souffrances du Christ nous est largement ouverte (à nous, les apôtres). C'est l'idée développée en Ph 3,10-11 : "Ainsi le connaîtrai-je, Lui et la puissance de sa résurrection ; ainsi communierai-je à ses souffrances en me rendant conforme à sa mort, afin de parvenir, si possible, à la résurrection d'entre les morts".

 

             Les souffrances qui abondent sur les apôtres sont bien, équivalemment, les "souffrances du Christ", car elles sont souffertes "pour" lui et "avec" lui, comme Paul l'explique en Rm 8,17 :  "Cohéritiers du Christ si toutefois nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés avec lui" ; affirmation reprise en Ph 1,29 dans des termes tout à fait semblables :" Il vous a été fait grâce à l'égard du Christ, non seulement de croire en lui, mais de souffrir pour lui".

 

"Les souffrances du Christ abondent sur nous, dit Paul, ("les souffrances dont nous souffrons, nous aussi"), et il vise donc en premier lieu ses épreuves et celles de ses compagnons. Et cette association de l'Apôtre aux souffrances du Christ par ses propres souffrances est décrite très concrètement dans la formule difficile de Col 1,24 :"Je me réjouis maintenant de mes souffrances pour vous, et je contrebalance dans ma chair un arriéré (litt.: l'arriéré) des peines du Christ pour son corps qui est l'Église".

 

Mais cette expérience de l'union au Christ dans la souffrance apostolique, que Paul fait d'une manière exemplaire, est inscrite dans le destin de tout baptisé. Déjà en Rm 6,3-6 Paul soulignait que par le baptême "nous sommes co-crucifiés et co-ensevelis avec le Christ"; et c'est ce que Paul ajoute à la fin de notre texte (v.7) en s'adressant aux Corinthiens :"Vous êtes associés aux souffrances", aux mêmes souffrances du Christ. Les souffrances d'un chrétien sont déjà les "souffrances du Christ", puisque, depuis son baptême, il a en commun (1 P 4,13) avec Lui la vie et la mort, la justice (2 Co 5,21), la pauvreté et la richesse (8,9), la faiblesse et la force (13,4).

 

 

Théologie paulinienne du réconfort (paraklèsis)

 

 

Si Paul insiste tant sur les épreuves et les souffrances des apôtres ou des témoins du Christ, c'est pour mieux mettre en relief le réconfort qu'il expérimente et dont il donne l'assurance aux chrétiens de Corinthe.

 

"Réconfort", ce n'est que l'un des sens du mot paraklèsis que la première génération chrétienne a beaucoup  employé.

 

Premier sens. Dans d'autres endroits il s'agit d'un appel pressant, d'une requête insistante, et c'est le mot que nous lisons par exemple dans les évangiles lorsque des hommes demandent à Jésus une intervention ou une guérison ; ainsi Yâhîr :"tombant aux pieds de Jésus, il le priait de venir chez lui" (Luc 8,31).

 

Deuxième sens.   Souvent aussi le mot paraklèse désigne une exhortation, sur la base d'une annonce du salut en Christ et pour en déployer les exigences concrètes dans la vie des disciples. Il ne s'agit plus, alors, d'un appel à l'aide émanant d'un homme en détresse, mais, à l'inverse, d'une parole forte, adossée à l'autorité de Dieu même, et habitée par le dynamisme de l'Esprit.

 

²  Paul exhorte, selon les cas :       par les compassions de Dieu[9],

                                                           dans le Seigneur Jésus-(Christ)[10],

                                                           par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ[11],

                                                           par la douceur et l'indulgence du Christ [12],

                                                           par notre Seigneur Jésus-Christ et par la charité de l'Esprit[13],

                                                           au nom de la charité[14].

 

Pour Paul, l'exhortation est un charisme pastoral :"Nous avons des dons (charismata) différents, selon la grâce qui nous a été accordée. Est-ce la prophétie ? qu'on prophétise en proportion de la foi ; est-ce un ministère ? qu'on l'exerce ; est-ce l'enseignement ? qu'on enseigne ; est-ce l'exhortation ? que l'on exhorte." (Rm 12,6-8).

 

Tantôt l'on est encore proche de l'enseignement :"Jusqu'à ce que je vienne, applique-toi à la lecture, à l'exhortation, à l'enseignement" (1 Tm 4,13).

Tantôt la parole se fait véhémente, pour proclamer l'urgence de la conversion. Ainsi Pierre à la Pentecôte, après le rappel du salut ("car elle est pour vous, la promesse") : "Par beaucoup d'autres paroles il les adjurait et les exhortait, disant : Sauvez-vous de cette génération dévoyée !" (Act 2,40).

 

Dans tous les cas, sereine ou pressante, l'exhortation met en œuvre un mandat de Dieu :"Nous sommes en ambassade pour le Christ, et par nous, c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous exhorte" (2 Co 5,20).

 

 

²  L'exhortation, sous ses formes diverses, requiert déjà tout un savoir-faire pastoral ; Paul exhorte comme un père encourage ses enfants[15], et il y insiste auprès de Timothée, encore jeune dans le métier : sa parole d'apôtre doit se nuancer en fonction du disciple qui va la recevoir :"Ne rudoie pas un vieillard, mais exhorte-le comme on exhorte un père, les jeunes comme des frères, les femmes âgées comme des mères, les jeunes comme des sœurs, en toute pureté" (1 Tm 5,1).

 

En exhortant, l'apôtre du Christ est amené parfois à demander[16], à adjurer[17], à attester solennellement[18], à prescrire[19], à reprendre ou à blâmer[20] ; mais le but demeure toujours de construire[21] et d'affermir[22].

           

Les plus aptes à exhorter sont les hommes habités par l'Esprit, comme les Actes le soulignent, à propos de Jude et de Silas, lors de la crise d'Antioche :"étant eux-mêmes des prophètes, ils exhortèrent les frères et les affermirent avec force parole" (Act 15,32), mais surtout à propos de Barnabé, l'un des hommes les plus généreux et les plus lucides de la première génération chrétienne :"lorsqu'il fut arrivé (à Antioche) et qu'il eut vu la grâce de Dieu, il se réjouit et les exhorta tous à rester d'un cœur ferme attachés au Seigneur, car c'était un homme de bien, rempli d'Esprit-Saint et de foi" (Act 11,24.26).

 

 

 

Troisième sens, le plus important, de paraklèsis : "réconforter".

 

Ce troisième sens qui dit à la fois consolation et encouragement, nous donne la clé du texte de 2 Co 1,3-7 que nous cherchons à analyser.

 

 

²  Paul, au début de sa bénédiction, affirme d'abord que Dieu est le Dieu de tout réconfort, parce qu'il est le Père des compassions.

 

Parce qu'il est toute compassion pour l'homme, on peut attendre de lui le réconfort en toute circonstance ; bien plus : tout réconfort vient finalement de lui, et le réconfort qu'apporte aux autres un disciple s'enracine dans la compassion de "Celui qui est le Dieu de la constance et du réconfort" (Rm 15,5), le Dieu qui, par son réconfort, nous donne la constance. Pour Paul, Dieu est celui qui réconforte les humbles (2 Co 7,6), et déjà Jésus, dans les Béatitudes, disait :"Bienheureux ceux qui sont dans le deuil, car ils seront réconfortés" (… par Dieu).

 

Paul envisage d'abord le réconfort qu'il reçoit, lui et les ouvriers de l'Évangile :"nous sommes réconfortés par Dieu" (v.4c), et il précise :"par le Christ abonde notre réconfort" (v.5) : puisque ce sont "les souffrances du Christ" qui constituent la situation de détresse, c'est aussi par le Christ que vient la "paraclèse" de Dieu.

 

Dieu et son Christ sont donc tous deux à l'œuvre pour le réconfort des apôtres, mais aussi, plus largement, pour le réconfort et l'affermissement de tous les disciples. Paul le disait déjà dans un passage très dense de la 2 Th  2,16-17 :"Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, que Dieu notre Père, qui nous a aimés et nous a donné par grâce réconfort éternel et belle espérance, réconfortent nos cœurs et les affermissent en toute bonne œuvre et parole".

Le "réconfort éternel" et la "belle espérance" sont une seule et même réalité : Dieu, déjà, nous a donné d'espérer le réconfort éternel, ce moment éternel où il écartera toute souffrance par sa présence glorieuse parmi les hommes, comme il le promet en Apoc 21,3-5 :"Il demeurera avec eux, et eux seront "ses" peuples (laoi) et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux ; de mort, il n'y en aura plus ; deuil, cri, douleur, il n'y en aura plus, car les premières choses auront disparu".

 

Dieu et son Christ, qui nous ont déjà garanti pour la fin des temps cette espérance de réconfort, ce réconfort espéré, sont au travail en ce temps-ci, parmi les chrétiens qui vivent au milieu des "premières choses", pour réconforter dès maintenant leur cœur et les affermir lorsqu'il leur faut agir et  parler.

C'est donc l'aujourd'hui de l'Église, sa croissance et sa cohésion, qui se déploient ainsi sous le signe du réconfort de Dieu, et Luc, dans son sommaire de Act 9,31, parle explicitement, à ce propos, du réconfort de l'Esprit :"L'Église, sur toute l'étendue de la Judée, de la Galilée et de la Samarie, vivait en paix, elle s'édifiait et marchait dans la crainte du Seigneur, et, grâce au réconfort de l'Esprit, elle s'accroissait".

 

            Paul perçoit donc que le réconfort de Dieu fait son œuvre en lui comme en tout chrétien : par le Christ abonde le réconfort.

 

 

²  Mais il saisit en même temps que Dieu lui donne part à sa compassion et attend de lui, comme de tout croyant, qu'il soit acteur à son tour pour le réconfort (paraclèse) : "Dieu nous réconforte dans toute notre peine afin que nous puissions réconforter ceux qui sont en quelque peine que ce soit" (v.4).            

Cette deuxième affirmation de Paul nous amène au cœur de l'activité pastorale, de la spiritualité sacerdotale et de la spiritualité de tout témoin : l'apôtre va pouvoir réconforter ses frères par le réconfort dont il est lui-même réconforté par Dieu ; l'expérience du réconfort que Dieu lui apporte dans le Christ habilite l'apôtre à réconforter les fidèles.

 

Et cette expérience laisse en lui trois certitudes :

-          que la compassion de Dieu le rejoint dans ses épreuves d'apôtre ;

-          que ses peines de missionnaire sont les souffrances du Christ, parce que ce sont des souffrances vécues pour le Christ et avec le Christ ;

-          que l'apôtre doit lui-même devenir réconfort. Non seulement les disciples chrétiens pourront voir dans leur apôtre l'exemple d'un croyant réconforté par Dieu, mais Dieu donne un charisme de réconfort à celui qui assume les souffrances du Christ.

 

La pédagogie à mettre en œuvre est comme induite par la propre expérience du témoin de Jésus :

-          tourner le fidèle/disciple vers le Père des compassions, vers la compassion de Dieu Père ;

-          amener le disciple à reconnaître dans ses propres peines (thlipseis) les souffrances du Christ;

-          aider le disciple à supporter avec constance (hupomonè) les souffrances de son témoignage, ses souffrances de témoin.

 

 

Pédagogie qui ne peut être proposée qu'au niveau de la foi vive, mais dans laquelle Paul met tout son espoir (v.7), dès lors qu'elle trouvera dans le disciple une relation vraie au Père et au Christ Seigneur.

Finalement, remarque Paul, rien n'est perdu dans la vie d'un apôtre :"Sommes-nous dans la peine, c'est pour votre réconfort et votre salut ; sommes-nous réconfortés, c'est pour votre réconfort". Peine et réconfort (thlipsis et paraklèsis) ont toutes deux leur fécondité : quand Paul est dans l'épreuve, il s'unit au Christ, source de tout réconfort et source du salut pour tout croyant ; quand Paul est réconforté, quand le Christ lui apporte le réconfort du Père des compassions, sans être, lui le missionnaire, source du réconfort, il devient l'agent de sa transmission.

 

Ce que Paul ambitionne pour tous ses disciples, c'est ce que Dieu déjà lui fait vivre : une communion (koinônia) totale au destin pascal du Christ :"Notre espoir à votre égard est ferme : à savoir que, comme vous êtes associés aux souffrances, ainsi également au réconfort" (v.7).

Tout l'effort pastoral de Paul, tout son travail de réconfort, vise à cette communion de vie jusque dans les souffrances. Dieu, qui a réconcilié les hommes avec lui par le Christ, a confié aux apôtres le ministère de la réconciliation (2 Co 5,18) ; Dieu, le Père des compassions, qui veut le réconfort pour tous les croyants, habilite les apôtres à un ministère de réconfort, c'est-à-dire de consolation et d'encouragement, un ministère porteur du formidable optimisme de Jésus sauveur.

 

²  Mais cette diaconie du réconfort, ce charisme de la consolation, cette mission d'encouragement, sont souvent onéreux pour le témoin du Christ.

C'est ce que Paul nous donne à lire entre les lignes dans ses consignes à Timothée, reflet direct de sa propre expérience :

"Je t'adjure devant Dieu et Christ Jésus qui doit juger les vivants et les morts, et de par son Apparition et son Règne : proclame la parole, insiste à temps et contretemps (eukairôs akairôs), reprends, menace, exhorte en toute patience et avec souci d'enseigner" (2 Tm 4,1-2).

 

À temps et à contretemps : on pourrait buter sur la formulation, si l'on y voyait un mépris du doigté pastoral et du jugement. On pourrait, il est vrai, atténuer l'expression en traduisant :"… que cela plaise ou déplaise … que cela semble opportun ou importun" ; en effet ce sont les dispositions des auditeurs que Paul vise avant tout, et non pas l'humeur des témoins de l'Évangile.

Reste l'idée, ineffaçable du texte, que la parole a des droits quand elle vient de Dieu, dès lors qu'elle vient de Dieu, et cette idée, on la retrouve, quasi identique, dans une interview de Paul Ricoeur :

 

"Sous la pression de la contrainte, mais d'une façon qui peut être justifiée de l'intérieur du message chrétien, nous sommes amenés à une situation qui me paraît très saine et très évangélique : celle du levain dans la pâte. Il faut être non seulement patient, mais sans souci sur l'efficacité d'une parole, entendue ou non, reçue ou pas. Vivre et revivre, dans une société sécularisée, et avec les ressources de la modernité, l'acte fondateur originel, c'est mon destin et je l'assume sans angoisse[23]".

 

Paul, lui, commente ainsi son "à contretemps" (akairôs) :

"Il y aura un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais selon leurs propres convoitises et l'oreille leur démangeant, ils se donneront des maîtres à foison" (2 Tm 4,3).

 

 

 

Et le vieux lutteur de conclure en relisant toute sa vie d'apôtre à la lumière de ce ministère de réconfort, si urgent et si désécurisant :

"Quant à moi, je suis déjà offert en libation, et le moment est venu pour moi de larguer les amarres. Jusqu'au bout j'ai combattu le bon combat, achevé ma course, gardé la foi. Désormais m'est réservée la couronne de la justice, qu'en ce Jour-là me remettra le Seigneur, le juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront attendu son Apparition avec amour" (4,6-8).

 

 

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[1] Cf. 2 Co 8,16; Col 1,3; Phm 4;1 Th 1,2.

 

 

 

[2]  Ph 4,14.

[3]  2 Th 1,4; Act 20,23.

[4]  2 Co 4,8.

[5]  Rm 8,35.

[6]  Hupomonè : Rm 5,3; 12,12; 2 Co 6,4;

[7]  Kauchèsis : Rm 5,3.

[8]  Chara : 2 Co 6,4; 8,2.

[9]   Rm 1,21.

[10] 1 Th 4,10; 2 Th 3,12.

[11] 1 Co 1,10.

[12] 2 Co 10,11.

[13] Rm 15,30.

[14] Phm 9.

[15] 1 Th 2,11-12.

[16]  Érôtân, 1 Th 4,1.

[17]  1 Th 2,12; Act 2,40.

[18]  1P 5,12.

[19]  2 Th 3,12.

[20]  2 Th 4,2.

[21]  Oikodomeîn : 1 Co 14,3; 1 Th 5,11.

[22]  Stèrizein, épistèrizein : Act 14,22; 15,32; 1 Th 3,2; 2 Th 2,17.

[23]  Le Monde, 10 juin 1994.