Le rayonnement de la Parole

Lc 8, 16-18

 

 

 

 

Saint Luc s'intéresse beaucoup au rayonnement de la Parole ;  c'est pourquoi à la parabole de la semence (8,4-15) il joint ici trois remarques de Jésus, qui d'ailleurs ont leur pendant dans son évangile (8,16/11,33; 8,17/12,2; 8,18/19,26).

 

²  La première (v.16) rejoint la sagesse populaire : si l'on allume une lampe, c'est pour voir clair. Rappelons-nous que, du temps de Jésus, on s'éclairait au moyen de lampes d'argile à huile, circulaires, avec bec(s). Recouvrir la lampe avec un seau ou un vase, c'était l'éteindre à coup sûr. Mettre la lampe sous un lit ou sous une paillasse, faisait pire encore : non seulement on éteignait la lumière, mais on risquait de mettre le feu.

Non : la lampe doit luire dans toute la pièce, et de même la parole de Dieu doit illuminer les intelligences et les cœurs, d'abord de ceux qui sont dans la maison, puis de tous ceux qui s'approchent et désirent entrer. Une communauté ne mérite son nom de chrétienne que si elle se veut missionnaire.

 

²  Ce souci missionnaire motive la deuxième remarque de Jésus : "rien n'est secret qui ne devienne manifeste" (v.17). Selon la pensée juive de l'époque, beaucoup de réalités divines ne seraient dévoilées qu'au dernier jour ; l'Évangile s'inscrit dans cette ligne, mais nous fait anticiper la pleine lumière. Certes, l'Église de Jésus ne connaît encore que "partiellement" (1 Co 13,12) et attend, elle aussi, la fin des temps ; mais dès maintenant elle possède les secrets du Royaume, elle en vit, et le Seigneur la charge de les porter au monde : "rien n'est caché qui ne doive venir au grand jour".

 

²  Encore faut-il que nous restions ouverts à la lumière ; et là intervient la troisième consigne de Jésus :"Prenez garde à la manière dont vous écoutez" (v.18).

   On peut lire l'Évangile distraitement, comme un livre doré que l'on connaît déjà.

On peut écouter la Parole de Dieu sans jamais songer qu'elle doit changer quelque chose dans la vie quotidienne, ou en remettant la conversion à plus tard.

On peut parcourir l'Évangile en se disant :"J'ai la foi ; je suis dans le groupe des croyants ; j'ai l'assurance de plaire à Dieu". Mais on fait alors partie de ceux que vise Jésus parce qu'ils "croient avoir"; cette illusion leur sera enlevée.

Nous pouvons aussi nous tourner vers l'Écriture comme vers une parole chaque jour nouvelle, à recevoir avec humilité, qui nous est donnée par Dieu comme une chance de dialogue, et sur laquelle se fondent tous nos progrès spirituels.

 

 

Voilà donc trois images que nous laisse le Christ pour nous représenter l'Évangile :

- une douce lumière qui transforme la vie, apaisante et attirante ;

- les secrets du Royaume destinés à tous les hommes ;

- une écoute de Dieu, qui nous grandit et qui sollicite notre liberté.

Pour peu que nous fassions confiance à Dieu en accueillant sa Parole, nous repartons avec ses cadeaux plein les mains : la paix, l'espérance et la joie.

 

 

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