Quatre mystères   (Ep 1,12)

 

 

 

 

Quatre mystères, attachés pour toujours au nom des consacrées ;

quatre programmes de fidélité,

riches déjà d'une vie avec Dieu et d'un souvenir de ses premières grâces,

porteurs d'un désir un peu fou : un style de sainteté dans le cœur de l'Église.

Quatre icônes où écrire l'amour au quotidien.

 

Tout commence pour chacune par un regard de Dieu.

Élue du fond de l'éternité[1] pour être sainte et sans reproche devant Lui dans l'amour,

chacune devient louange de gloire[2] du Dieu Trinité qui pour toujours est entré dans sa vie.

Le Père a voulu qu'elle se sache aimée, et Dieu seul peut aimer ainsi.

Dans le Christ la carmélite est devenue épouse,

comme l'humanité a épousé son Sauveur.

Par l'Esprit, après avoir entendu la parole de vérité[3], l'Évangile qui sauve,

elle a été marquée d'un sceau, et cette empreinte a décidé de sa vie.

Vouée à la Trinité, vouée à aimer, elle est entrée dans la joie de Dieu.

 

Pour accéder au cœur de Dieu, pour communier à son amour,

nul sentier plus direct que le mystère de l'Eucharistie.

Unie à Jésus dans le moment suprême de son passage,

la consacrée rejoint à la fois le cœur du Père et le don du Fils.

Elle apporte à chaque messe l'offrande de sa vie, avec ses lumières et ses croix,

et repart pour son service avec le feu du cœur, allumé par l'Esprit à la parole de Jésus.

 

Toute sa joie, c'est de L'aimer, Lui qui s'est donné par amour ;

tout son espoir, c'est d'être identifiée à Lui, "doux et humble de cœur"[4].

C'est pourquoi, en fille du Carmel, elle a pris la "voie des petits",

celle où l'on sert sans mesurer,

celle où l'on aime sans rien attendre,

celle où l'on meurt à soi-même pour mieux donner la vie.

Peu importe que la vie ou les besoins de l'Église

l'exposent au grand soleil ou l'isolent en plein champ :

elle reste petite dans la main de Jésus

et se contente de glaner[5], si Dieu le veut pour sa moisson.

 

Appuyée, comme Marie, en tout temps sur son Dieu, faisant de sa vie un cantique,

la consacrée vit sa louange en écho à celle du ciel,

qui seule est sans répit, seule au-delà des limites du temps.

Les Anges et les saints, dans la clarté de Dieu,

dès maintenant achèvent nos prières et les portent à sa gloire.

Au-delà de ce que nous savons, au-delà des balbutiements de notre foi,

déjà ils nous orientent vers le monde futur, où Dieu sera tout en tous[6];

ils nous redisent l'urgence de nos chants sur la terre :

"dès maintenant vous êtes enfants de Dieu  ".

 

 

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[1] Ep 1,4.

[2] Ep 1,12.

[3] Ep 1,13.

[4] Mt 11,29.

[5] Ru 2,2 .

[6] 1 Co 15,28.