Promesse

 

 

 

 

 

Nous venons de vous voir passer, tout émus, montant vers l'autel de Dieu, et dans quelques instants nous allons entendre le double oui qui va sceller pour toujours votre promesse. À regarder les choses uniquement de l'extérieur, il n'y aurait que cela dans la cérémonie d'aujourd'hui : la démarche vers Dieu de deux êtres qui s'aiment. Mais la foi nous dit qu'il y a encore quelque chose de plus beau et de plus puissant : la démarche du Christ qui vient, invisiblement, au-devant de vous, pour vous accueillir et consacrer votre amour. Car un sacrement est toujours avant tout un acte de Dieu qui sanctifie le monde ; c'est toujours, dans l'Église, un geste du Christ à l'égard des hommes.

 

Aujourd'hui donc le Christ Jésus veut entrer d'une manière nouvelle dans votre vie. Essayons de voir ensemble ce qu'il va apporter à votre bonheur.

 

²  C'est bien en effet de bonheur qu'il s'agit. Mais d'où vient que tant de foyers, jeunes ou plus âgés, se disent déçus dans leur recherche du bonheur ? C'est que, bien souvent, ils s'en sont fait une image inexacte : ils ont cru en une sorte de bonheur idéal, qui comblerait absolument tous les désirs du corps, toutes les aspirations du cœur et de l'âme profonde, qui ne connaîtrait  ni retombée ni crise, qui ne réclamerait aucun effort ; mais cela, c'est le bonheur des romans, et non pas la réalité quotidienne du bonheur conjugal.

 

D'autres imaginent un bonheur donné une fois pour toutes, comme un capital inépuisable où il suffirait, jour après jour, de plonger la main ; un bonheur en quelque sorte automatique, auquel il suffirait de s'abandonner, et qui transfigurerait magiquement tout le reste de l'existence, le travail, les loisirs, la souffrance. Mais cela encore est un leurre, et la poursuite d'un tel rêve ne peut amener les époux qu'à un étonnement douloureux et à une déception grandissante.

Si vous cherchez le vrai bonheur, un bonheur capable de traverser toutes les épreuves et de résister au temps comme à l'usure, il vous faudra le construire et l'ouvrir sans cesse.

 

²  Bien souvent l'on ne construit que le cadre du bonheur : la maison, le cercle des relations, les loisirs communs, et l'on oublie de progresser dans la connaissance et l'amour réciproques. On laisse s'estomper la délicatesse du temps des fiançailles, on se reprend petit à petit après s'être donné, et, si l'on n'y prête attention, les années passant, la vie conjugale où tout devrait être "conjugué" pour le bonheur des deux, se réduirait vite à l'habitude de vivre côte à côte.

Pour construire votre bonheur, il vous faudra réinventer votre amour chaque jour, reprendre sans cesse le dialogue et vous interroger loyalement sur la manière dont vous vous rendez mutuellement heureux ou malheureux. D'ailleurs l'expérience vous apprendra vite combien l'harmonie des corps devient difficile et aléatoire dès lors que les cœurs ne sont plus vraiment à l'écoute l'un de l'autre et que les âmes ne communient plus dans un même désir de donner.

 

²  Ouverts l'un à l'autre sans aucune réticence, sans aucun silence égoïste, sans aucune lassitude ni aucun repli d'amour-propre, vous pourrez envisager avec joie l'œuvre de vie à laquelle Dieu, dans sa bonté, vous associera ; et vous vous consacrerez totalement à votre tâche d'éducateurs chrétiens.

Et puis, tout en sauvegardant l'intimité et l'équilibre de votre foyer, vous aurez à cœur d'accueillir tous ceux qui viendront chercher auprès de vous un peu de chaleur et de compréhension.

 

²  Ainsi il n'y a de véritable amour que là où les deux époux sont prêts à donner sans réserve, selon la parole du Seigneur :"Il y a plus à donner qu'à recevoir". De cela vous avez fait déjà l'expérience : pendant les longs mois de vos fiançailles, une certitude a grandi en vous, celle d'être faits l'un pour l'autre et de ne pouvoir trouver l'un sans l'autre l'épanouissement des richesses que vous portez.

Et l'amour a mûri en vous non seulement comme un appel, mais comme une promesse : un appel qui déjà vibrait dans le premier regard que vous avez échangé, et qui disait :"J'ai besoin de toi ; entre dans ma vie", et une promesse qui se traduit déjà dans tous les projets que vous avez faits :"Je veux faire ta joie, parce que je t'ai choisi(e)".

 

²  Ce bonheur, qui est accueil de l'autre et don de soi, vous faites bien de le chercher et de le vouloir, car Dieu lui- même l'a voulu pour vous. "Dieu, dit saint Jean, nous a aimés le premier". C'est cela que tu dois te redire sans cesse, Alice, quand tu penseras à ton mari : quelqu'un a aimé Armand avant toi, et ce Quelqu'un, c'est Dieu lui- même. Il te reste donc, et c'est magnifique, à insérer ton amour dans l'amour que Dieu porte à ton mari. Et toi de même, Armand, redis-toi sans cesse que Dieu a aimé Alice avant toi, de toute éternité, et que ton amour ne sera jamais plus beau qu'aux moments où tu chercheras à rejoindre la pensée de Dieu sur ton épouse.

 

²  Durant son existence terrestre, le Christ est intervenu dans la vie de tant d'hommes et de tant de femmes, pour leur apporter la santé, le bonheur, le pardon et le salut ! Il s'est lié à eux pour transformer leur vie, et cette histoire sainte se poursuit en chaque mariage  que le Christ consacre par son sacrement.

Aujourd'hui, dans un instant, le Christ ressuscité, invisible mais bien vivant et maître de la vie, va intervenir pour faire de vous deux époux, pour toujours. Vous allez devenir l'un pour l'autre le représentant de Jésus Christ. Désormais, Alice, par ton amour tu rappelleras à ton mari l'amour sans limite que le Christ lui porte ; désormais, Armand, par ton amour tu rendras visible dans l'Église l'amour que le Christ porte à Alice.

Et ainsi, tout au long d'une vie de dévouement et de tendresse, vous serez l'un pour l'autre un chemin vers Dieu.

 

 

La lucidité et le courage nécessaires pour réussir votre bonheur, tous ensemble, ici rassemblés, nous allons les demander pour vous au Seigneur qui bénit votre union.

 

Que Notre Dame, Servante de Dieu et Mère modèle, entende vos prières et intercède pour vous auprès de son Fils, comme aux noces de Cana ; et qu'elle prenne toujours votre foyer sous sa protection maternelle.

 

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