"Préparez le chemin du Seigneur"

(Mt 3,3)

 

 

² "Préparez le chemin du Seigneur", répétait Isaïe le Prophète, et près de huit siècles passèrent avant que le Fils de Dieu ne parût sur terre,
   huit siècles d'espérance pour le peuple d'Israël,
   huit siècles de fidélité et de pardon de la part du Seigneur.

² Le Christ est venu, dans le passé, et depuis, vingt autres siècles se sont écoulés. Pourtant l'Église, dans sa liturgie, nous demande encore d'attendre : "Viens, Seigneur, ne tarde plus !"

Pourquoi faut-il guetter encore l'arrivée de Jésus, puisqu'il est déjà venu, dans son avènement d'humilité, puisqu'il "a planté sa tente parmi nous", qu'il est mort pour nous et ressuscité ? L'Ancien Testament est révolu ! Nous vivons dans la nouvelle Alliance ! Nous ne pouvons pas espérer pour hier !

² Précisément, il y a encore quelque chose à attendre pour demain. Le Seigneur viendra de nouveau, au soir de ce monde, comme l'Ange nous l'a dit dans le récit de l'Ascension : "Celui qui vous a été enlevé, ce même Jésus, reviendra comme cela, de la même manière que vous l'avez vu partir vers le ciel"     (Act 1,11).

Il reviendra pour nous ressusciter, pour inaugurer son Règne dans les cieux nouveaux et une terre nouvelle, et ce sera son avènement dans la gloire.

² Il y a aussi quelque chose à espérer pour aujourd'hui, pour ce temps entre l'avènement d'humilité et l'avènement de gloire, ce temps où "toute chair verra le salut de Dieu", où le Christ veut prendre possession de notre cœur et du cœur de tous les hommes. Nous avons à espérer la grâce du Christ et la gloire avec le Christ.

² Si la liturgie nous demande de refaire en esprit le long pèlerinage d'Israël, c'est justement pour nous apprendre à espérer.
Espérance confiante, car "le Seigneur est proche de ceux qui l'invoquent en vérité", et ce que nos péchés retardent ou empêchent, Dieu peut le hâter par son intelligence et sa bonté.
Espérance active : il faut que la terre s'entrouvre, et le salut mûrira. Ce qui nous incombe, c'est d'être des témoins."Qu'on nous regarde, dit Paul, comme les serviteurs du Christ, comme les intendants fidèles des mystères de Dieu".
Espérance humble, qui suppose un cœur de pauvre. Qu'il s'agisse de notre propre destin ou de la vie de la communauté, il nous faut "aplanir les sentiers, combler les ravins, abaisser les montagnes, redresser les passages tortueux".

² Ainsi la liturgie, en nous réveillant par l'espérance des grands croyants du passé, en nous faisant attendre la grâce de chaque jour, et en tendant nos forces vers le retour du Ressuscité, nous fait vivre les trois dimensions de l'Eucharistie :
- nous faisons mémoire de la Passion du Christ,
- en recevant aujourd'hui le Christ nous nous enrichissons de sa grâce,
- un gage nous est donné de la gloire future.

Que cette messe et cette communion d'aujourd'hui soient vraiment pour nous le point de départ d'un sursaut d'espérance.

"Nourris de tes dons, puissions-nous, Seigneur, par la fréquentation de tes mystères, voir se développer en nous l'œuvre de notre salut !"

 

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