Noces d'or

Mt 11,25-28

 

 

 

 

 

Des noces d'or … pourquoi en or ?

Probablement parce que le temps n'a pas mordu sur elles, parce que le bonheur des époux n'a pas plus rouillé que leurs alliances, et qu'en un demi-siècle de vie partagée, leur amour, leur estime, leur fidélité, leur tendresse quotidienne n'ont fait que s'approfondir.

 

Il y a cinquante ans, à quelques jours près, deux jeunes mariés – on disait à l'époque André et Monique – sortaient de l'église Notre Dame, le soleil dans les yeux, avec, dans le cœur, une immense espérance, et une confiance toute neuve dans l'avenir.

Aujourd'hui, les jeunes mariés de 32, encore appuyés l'un sur l'autre, viennent avec nous offrir à Dieu les gerbes de leur moisson. Le film de ces cinquante années, ils l'ont dans le cœur, tout entier ; et ils peuvent tout aussi bien le voir passer en un éclair que s'arrêter sur telle image, sur tel moment d'épreuve ou de joie, sur tel foyer, sur tel sourire.

Tous les souvenirs sont là, comme au premier jour, avec leur charge d'émotion, avec leur poids d'expérience, et tous, à leur manière, témoignent de la fidélité de Dieu.

 

Les années passent. Le travail, les responsabilités, les soucis reviennent jour après jour, prenants, absorbants. La foi de notre jeunesse ne prend que lentement la trempe de la vie adulte et répercute tous les soubresauts de notre vie personnelle ; et pourtant, à tous les grands tournants de notre existence, nous croisons le Christ de notre baptême, le Christ ineffaçable, incontestable, le Christ fidèle malgré nos infidélités, et ses paroles sont toujours des paroles d'espérance et de paix.

 

Nous les entendions à l'instant dans l'Évangile, et dans la joie des noces d'or, elles s'enrichissent d'une résonance toute spéciale

"Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau".

Venez à moi, avec les gerbes de votre vie, bien dorées, bien fécondes et bien lourdes.

Venez à moi, avec les "oui" et les "non" qui sont montés de votre cœur, avec vos joies toutes simples et vos moments d'angoisse ou d'incertitude.

Venez à moi avec vos souvenirs et les rêves qui vous habitent encore.

Venez à moi, avec ceux et celles qui vous doivent la vie et le bonheur.

 

Et Jésus ajoute :"moi, je vous donnerai le repos".

Or le repos du Christ, le repos que Dieu donne, c'est bien plus et bien mieux qu'une retraite.

C'est la certitude d'être compris à demi-mots, avant les mots, sans les mots.

C'est la certitude d'être aimés tels que nous sommes.

C'est la possibilité de déposer toute notre vie, en bloc et en détails, entre les mains d'un Dieu qui est Père, qui a tout vu, qui a tout vécu avec nous, et qui a su lire dans nos yeux l'amour que nous ne savions pas lui dire,

 

mais que notre vie a prouvé.

 

 

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