"Pour lui, j'ai tout sacrifié"

Ph 3,3-8

 

 

 

 

 

Deux traits caractérisent, selon saint Paul, ceux qui constituent le peuple de Dieu :

- il offrent le culte selon l'Esprit de Dieu,

- le Christ Jésus est leur seule fierté, c'est-à-dire leur valeur suprême, leur unique espérance.

 

²  C'est dire que l'échelle des valeurs du chrétien n'est pas celle qui prévaut dans le monde autour de lui. En général, ce qui valorise un homme, c'est toujours une forme ou l'autre de prestige : prestige de la naissance, de la fortune, de l'intelligence, de la position sociale.

            Selon les critères humains, Paul avait tout pour réussir, et même son passé de persécuteur lui valait une estime supplémentaire de la part des autorités de Jérusalem. Mais toutes ces richesses ont pâli, face au Christ et à ce qu'il représente pour tout homme. Tous ces atouts si précieux de son passé de pharisien se sont mis en travers de l'appel du Christ ; dès lors même son ancienne fidélité est devenue un obstacle.

            Mais Paul a opté résolument pour le Christ, et désormais il jauge toute valeur en fonction de son Seigneur. Non seulement son personnage d'homme fidèle à Moïse, mais tous ses talents et toute sa culture deviennent un handicap s'ils le coupent de ce bien qui dépasse tout : la connaissance et l'amitié du Christ Jésus, son Seigneur :"Pour lui, dit Paul, j'ai accepté de tout perdre, et je regarde tout comme déchets, afin de gagner le Christ".

 

²  Il faut bien comprendre l'outrance étonnante de Paul, car elle a beaucoup à nous dire.

Il ne dit pas que son passé n'était rien, ni qu'il a eu tort de travailler et de s'instruire, et pourtant tout cela s'est retrouvé au sol, comme des déchets inutiles ou encombrants, car aucune fierté personnelle et aucune complaisance en soi ne peuvent tenir, dès lors qu'on veut gagner le Christ, être pris par le Christ, et servir le Règne de Dieu.

            "Pour lui, j'ai accepté de tout perdre", dit Paul ; et de fait il n'a rien voulu garder comme gloriole personnelle ni comme appui sur le passé.

 

            Mais Jésus, lui, n'a rien laissé se perdre, et il a mis à son propre service toutes ces riches balayures dont Paul s'était pour toujours détaché.

            Désormais       

la culture de Paul a permis l'inculturation de l'Évangile dans le monde grec ;

sa connaissance extraordinaire des Écritures l'a introduit dans le mystère du dessein de Dieu ;

sou indépendance de caractère l'a conduit jusqu'à témoigner devant le tribunal de l'Empereur.

 

            Tant il est vrai que tout trouve sa place dans le plan de Dieu, dès lors que nous ouvrons les mains pour ne rien retenir.

 

            Tout grandit pour le Royaume de ce qu'on a semé en terre profonde.

 

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