L'unité de l'Esprit

Eph 4,1-6

 

 

Revenons un instant sur l'exhortation de Paul, qui demande aux chrétiens de la région d'Éphèse de marche d'une manière digne de l'appel qu'ils ont reçu.

² Arrivés au cœur  de la semaine de l'unité, nous avons, au Carmel, une raison toute spéciale d'écouter les consignes de Paul, puisqu'un même appel a décidé de nos vies et nous a réunis en communauté pour qu'ensemble nous avancions vers la perfection de l'Évangile.

² Par quoi Paul va-t-il commencer ? par des directives missionnaires ? par des appels au détachement des biens matériels ? Non pas.  Il nous parle d'abord de vie communautaire et de quelques vertus apparemment passives, mais qui sont en fait d'urgence quotidienne dès qu'il s'agit de construire la vie fraternelle : l'humilité, la douceur, la patience, le support mutuel.
Quatre vertus qui tissent entre sœurs, jour après jour, le lien de la paix, et qui permettent de garder coûte que coûte l'unité de l'Esprit, c'est-à-dire de rester unies dans les visées, dans les choix concrets, dans les efforts à long terme, dans les perspectives évangéliques.

² Ce "lien de la paix", noué et renoué courageusement par les sœurs, est aussi essentiel pour chacune que pour l'ensemble, car il n'y a pas de sainteté au Carmel qui ne se veuille authentiquement communautaire. On ne peut avoir reçu l'appel du Christ au Carmel sans partager, à longueur de vie, une même espérance, celle d'être admise, dès ici-bas, dans l'intimité de Jésus Ressuscité, pour la gloire de Dieu et le salut du monde.

² Dans la grande Église de Jésus, c'est l'appartenance à un seul corps qui nous permet d'expérimenter la force unifiante de l'Esprit, d'exprimer en une seule prière la foi dans l'unique Seigneur et de manifester la puissance et l'amour de l'unique Dieu et Père, qui règne sur tous, agit par tous et demeure en tous.
De même, dans l'existence contemplative au sein de la famille du Carmel, notre entrée personnelle dans le mystère des échanges trinitaires est largement conditionnée par une communion active avec les frères ou les sœurs que le Christ nous a donnés.

² Les tournants majeurs de notre découverte du Dieu vivant sont souvent des étapes de notre charité, et notre liberté de fils ou de filles de Dieu, avant de s'épanouir pleinement dans l'Esprit Saint, passe en général par bien des assujettissements communautaires.
Jésus, dans sa dernière prière, disait à son Père en parlant de nous : "La gloire que tu m'as donnée, je la leur ai donnée, pour qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi" (Jn 17,22). Il faut laisser faire en nous la gloire de Jésus, qui nous est donnée en partage, cette unité indicible du Père et du Fils, qui se vit en nous par le Paraclet et qui nous presse vers l'unité, car elle est, pour nous aussi, le sommet de l'amour.

² Quand est présente et vivante parmi les sœurs ou les frères cette volonté d'être un dans le Christ, alors, mais alors seulement, la diversité devient richesse pour le Royaume.


"Il n'y a qu'un seul Corps,
mais à chacun de nous la grâce a été donnée
selon la mesure du don du Christ"  (Eph 4,7).

 

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