"Le monde passe"

1 Jo 2,13-18
Lc 2,36

Le monde passe … Quel monde ?

² Saint Jean a deux langages pour nous parler du monde :
- tantôt il s'agit du monde que Dieu aime, au point de lui donner son Fils (3,16), c'est le monde où il attend notre réponse d'amour : "Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que par lui le monde soit sauvé" (3,17) ;
- tantôt il s'agit du monde du refus, où travaillent les forces du mal qui nous détournent de Dieu et de sa volonté.
C'est cet autre monde qui passe, qui ne fait que passer, qui ne peut que passer, comme s'effacent l'une après l'autre les choses vaines et inutiles.

Ce monde-là ne peut pas nous établir dans la permanence, parce qu'il est travaillé par la convoitise et par un triple désir :
le désir égoïste de l'homme laissé à lui- même,
le désir d'avoir toujours plus, de posséder tout ce que les yeux perçoivent ou devinent,
le désir de puissance, l'autonomie orgueilleuse de celui qui se suffit à lui-même et qui s'appuie sur ses acquis.

² "Le monde passe, avec sa convoitise", happé par la convoitise,
"mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure à jamais".
Appuyé sur son Dieu, il est en prise sur l'éternité, parce que l'amour ne passera jamais, ni l'amour dont Dieu est aimé ni l'amour dont Il aime.

Encore faut-il accomplir Sa volonté.
Toute l'aventure spirituelle est là, comme aussi tout le sens de notre vie.

"La volonté de Dieu, disait une vieille chrétienne, le plus dur, ce n'est pas de la faire, mais de la voir".
Et cela venait d'un humour profondément évangélique, riche à la fois de générosité et de réalisme.
Générosité, car de fait cette chrétienne était prête à tout ;
réalisme, car elle se trouvait, comme nous, souvent désarmée dans la quête de "ce qui plaît à Dieu".

Trouver le chemin par où monnayer notre amour, cela réclame de nous, tout au long de notre vie, une triple vérité :
vérité sur le cheminement de l'amour de Dieu, sur les traces lumineuses qu'il a laissées dans notre vie,
vérité sur ce que Dieu nous donne à donner, sur ce que nous pouvons apporter pour l'extension de son règne dans les cœurs,
vérité, souvent onéreuse, sur la force de nos désirs.

² "Le monde passe", mais la Parole de Dieu nous laisse aujourd'hui deux images de la fidélité :

La première est suggérée par ceux que Jean appelle "mes petits enfants", c'est-à-dire tous les croyants de sa communauté, qu'il s'agisse des "pères" demeurés inébranlables dans la foi des commencements, ou des "tout jeunes hommes", venus plus récemment à la foi, mais qui, appuyés sur la Parole, ont su vaincre le Mauvais.

La seconde icône de la fidélité nous est offerte par la vieille Anne, fille de Phanuel. Elle a rassemblé toutes ses forces sur un seul axe , mais elle a su justement découvrir l'essentiel, sans lequel le désir spirituel ne peut que se fourvoyer : une communion intense avec le peuple de Dieu.

 

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