Le liturge du Christ Jésus

 

 

 

 

 

 

Qu'y a t-il à prendre pour nous dans ce texte de Paul, où l' Apôtre parle uniquement de lui, de ce qu'il devait faire comme liturge du Seigneur Jésus, de ce qu'il pouvait faire et de ce qu'il a fait pour l'Évangile ? Il y a bien le début, où Paul parle des Romains, mais c'est pour leur faire des compliments, qui pour nous seraient déjà tout un programme de vie :"Vous êtes bien disposés, et capables aussi de vous reprendre les uns les autres". Nous n'aimons guère être repris, et nous en sommes encore à nous interroger sur nos dispositions, que nous retrouvons si médiocres au moment de chaque retraite.

 

Il y a quand même beaucoup à prendre de l'enthousiasme de Paul. Ayant reçu la fonction sacrée (la "liturgie") d'annoncer l'Évangile de Dieu, pour que les païens, autant dire tous les hommes, deviennent une offrande que Dieu puisse accepter, sanctifiée par l'Esprit Saint, il a de quoi s'enorgueillir de ce que le Seigneur a mis en lui pour son service : la parole et les actes, la puissance des signes et des prodiges, bref : la puissance de l'Esprit Saint. De tout cela, qu'avons-nous à notre disposition pour servir le Seigneur ? Sûrement pas encore la puissance de faire des miracles, encore qu'il s'agisse surtout du degré de notre foi, car des miracles, Dieu en a toujours autant à notre service, mais certainement la parole et les actes, la parole et les "œuvres", dirait NM sainte Thérèse, la parole de l'Évangile et le courage journalier de la mettre en pratique.

 

Nous n'avons jamais fini de resituer notre existence personnelle sur la toile de fond du monde à sauver, et notre désir dans l'immense désir du Christ : que tous les hommes connaissent le vrai Dieu et se mettent à le servir. Nous en sommes encore à regarder nos pieds  qui enfoncent, alors que Jésus voudrait nous voir marcher sur l'eau du vaste monde, où tant d'hommes et de femmes cherchent encore à tâtons ce qui les fera vivre. "Qu'importe ce qui me regarde, disait Thérèse à son Seigneur, puisque c'est de toi que je m'occupe". C'était vrai de Thérèse, c'était vrai de Paul, dont toute la vie restait tendue vers un seul but, "la fonction sacrée d'annoncer l'Évangile" ; il ne tient qu'à nous que notre vie, au lieu de se traîner au niveau de nos petits avantages, soit chaque jour survoltée par le grand dessein du salut du monde, qui passionnait les amis de Dieu. À quoi sert d'être l'Epouse du Seigneur, si l'on n'épouse pas Sa mission ? À quoi sert d'être appelée au Carmel, si l'on reste à mi-pente de la véritable conversion, et si l'on mesure encore les choses à la gloriole qu'elles nous apporteront ?

 

Que Dieu lui-même nous accorde de ne voir en tout que son service et sa gloire, et de préférer une bonne fois pour toutes la gloire qui vient de Lui à la gloire qui vient des hommes.

 

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