Le disciple que Jésus aimait (Jn 21)

Saint Jean

 

 

Il a connu toute la Passion de Jésus, il a reconnu le premier sa résurrection, le premier il a parlé du Verbe de Dieu qui a pris chair. Ce n'est pas sans raison qu'il est fêté dans l'Église comme le disciple que Jésus aimait.

² Accompagnons-le d'abord dans les dernières heures de Jésus.
Seul parmi les Douze, il a eu le courage de ne pas l'abandonner. Connu du grand prêtre, il s'est glissé dans la cour et a pu introduire Pierre.
Mais après le procès, il a suivi le Maître jusqu'à la Croix. Là, près de Marie, debout, droite, douloureuse, il a entendu le premier ces paroles qui allaient décider de sa vie : "Voici ta mère". Avant tous les autres, il a fait à Marie une place dans son existence. Désormais, ni dans son intelligence ni dans son cœur il ne séparera le Fils / de cette femme silencieuse par qui Dieu l'a donné au monde.

² Tout près de Jésus au moment de sa mort, il a été aussi le premier des Apôtres à témoigner de sa résurrection.
Dans le tombeau vide, il a vu ce que Pierre venait de voir : les linges vides et le suaire roulé à part. Mais lui a cru ; l'absence de Jésus lui a parlé.
Quelques jours après, sur le lac, il a vu ce que tous pouvaient voir : la pêche surabondante, et là-bas, sur la grève, l'homme qui avait allumé un feu. En un éclair, le disciple a cru : "C'est le Seigneur !"

² Compagnon du Christ en sa passion, témoin direct de la résurrection, il s'est vite distingué comme celui qui savait parler du Verbe de Dieu, de la Parole faite chair. Il l'a mis en lumière dans son Prologue, et placé au centre de son évangile.
De son temps, tout le monde parlait de Verbe : les Juifs répétaient que Dieu a tout créé par son Verbe ; le penseur juif Philon citait le verbe comme intermédiaire privilégié entre Dieu et l'homme, et les philosophes grecs (du stoïcisme populaire) voyaient volontiers dans le verbe l'âme du monde.
Par un trait génial d'œcuménisme, le disciple a ressaisi cette notion pour l'appliquer au Fils éternel de Dieu, et lui faire dire la nouveauté de Jésus-Christ. Nul mieux que lui ne nous a décrit le Christ comme vie, lumière et vérité. Nul n'a montré comme lui la gloire du Père rayonnant à travers les paroles et les actes de Jésus.

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Ardent, fidèle, intuitif : tel fut jusqu'au bout "le disciple que Jésus aimait". Si Jésus l'a aimé, c'est qu'il est resté constamment son disciple, se laissant percuter et transformer par la parole de Dieu. Devenu très vieux, et déjà redisant un peu les mêmes choses, il n'avait qu'un mot à la bouche, qui résumait tout l'Évangile : "Mes petits enfants, aimez-vous les uns les autres". Le bruit courait qu'il ne mourrait pas ; mais Jésus avait dit simplement à Pierre : "Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne, que t'importe : toi, suis-moi !".
De fait quand le Seigneur viendra, il le trouvera encore fêté dans Son Église comme au premier jour sous son nom à la fois splendide et mystérieux : le disciple que Jésus aimait.

 

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