Koinônia

 

1 Jo 1,1-4

 

 

 

Le Prologue de la lettre de Jean, disciple du Seigneur, que l'Église nous fait lire aujourd'hui, tout en éclairant la mission des Apôtres de Jésus, prolonge notre méditation du mystère de Noël.

 

²  Ce qui a été demandé aux Douze, et la mission qui nous attend tous et toutes, là où Dieu nous a placés, c'est :

de rendre témoignage à Celui qui est la Vie,

d'annoncer au monde que la Vie s'est manifestée,

de redire sans nous lasser que le Fils de Dieu, éternellement en mouvement vers le Père, s'est manifesté à nous, qu'il est à lui seul toute la Vie, la vie éternelle, et qu'en venant à nous il nous a apporté la Vie, pas moins que la vraie Vie, celle qui traversera toute mort.

 

Et pourquoi annoncer cette vie éternelle ?

Pour établir une communion entre les hommes, la seule communion durable, la seule incontestable, la seule inaltérable, parce qu'elle s'enracine dans la communion avec le Père et avec son Fils Jésus Christ.

 

²  Mais ce témoignage qui nous est demandé ne s'apprend pas dans les livres : il est à base d'expérience, de rencontre authentique. Avant de parler, avant de témoigner, il faut regarder et voir, écouter et entendre.

 

Et Jean le Disciple s'appuie justement sur l'expérience qu'il a vécue avec les disciples et les croyants, hommes et femmes ; il fait fond sur "ce qui était dès le commencement", sur ce potentiel inouï d'amour et de vie enclos éternellement dans le Verbe de Dieu;

Le Verbe de vie, dit Jean, nous l'avons entendu, sur nos routes et au bord du lac, nous l'avons vu, de nos yeux, nourrir des foules et guérir à longueur de journée, nous l'avons bien souvent suivi du regard et contemplé : c'était, tous les jours, une voix, un regard, une silhouette familière. Le Verbe de vie, nos mains l'ont touché.

 

²  Cette réalité du Fils de Dieu fait homme, cette proximité du Dieu qui sauve, c'est déjà ce que notre foi saisit devant la crèche de Noël, car désormais seule la foi peut rejoindre ces choses.

            Nous entendons Jésus à travers le témoignage des Apôtres,

            nous rejoignons Jésus à travers l'image qu'ils nous ont laissée de Lui,

            nous n'avons pas de mains pour le toucher et le retenir.

 

C'est bien pourquoi nous revenons d'instinct devant la Crèche comme des pauvres, pour laisser faire à notre place la Mère de Jésus :

elle l'a entendu,

elle l'a vu de ses yeux,

et ses mains, ses mains de Mère, ont touché le Verbe de Vie.

Elle a passé des heures à regarder le Fils de Dieu et à guetter son regard, en notre nom à tous.

 

Car Noël, c'est cela avant tout :

le Fils de Dieu regarde le monde, et ses yeux sont des yeux d'enfant.

 

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