Une existence impérissable

Sg 2,23 – 3,9

 

 

 

 

 

 

 

Le principe posé est simple et grandiose : Dieu nous a faits pour une existence impérissable, parce qu'il a mis en nous une image de ce qu'il est en lui-même, la vie et l'amour. Puis l'auteur de la Sagesse nous livre sa réflexion : on se méprend sur ce qu'est la mort des justes ; on se trompe sur la portée véritable de leurs souffrances.

 

Erreur sur la mort. Les justes partent de ce monde et nous quittent, mais ce n'est pas un malheur, et ils ne retournent pas au néant, mais ils sont dans la paix .On croit que ce passage est un châtiment, mais ils goûtent l'immortalité dont ils ont toujours gardé l'espérance.

Erreur aussi sur leur souffrances : elles sont finalement peu de chose auprès du bonheur dont ils sont comblés. Saint Paul reviendra sur cette assurance : il y a disproportion entre la gloire qui nous est promise et le labeur que nous trouvons sur notre chemin terrestre, et cette disproportion signe une éclatante victoire de notre Dieu. C'est l'image du creuset qui se présente spontanément à l'auteur de la Sagesse. Pour affiner un métal, l'or par exemple, on le chauffe intensément ; les scories fondent et surnagent sur la surface du métal en fusion ; on écrème le mélange, puis on continue à chauffer, en se débarrassant à chaque fois des scories. Au bout de six ou sept fois, on obtient de l'or pur. Ainsi du juste, au feu de la souffrance ; il abandonne peu à peu ses scories, son instinct de propriété sur ce qui est de l'ordre de l'avoir, la confiance dans le pouvoir que lui donnent les choses, et le leurre du faire-valoir quand le premier servi n'est pas le Royaume. Alors il est accueilli par Dieu comme un  sacrifice offert sans réserve ; et au jour de la visite de Dieu, il étincelle comme un feu qui court à travers la paille.

Pour se mettre au diapason de ces vérités, il suffit d'habiter une bonne fois dans la confiance et de rester avec le Seigneur dans son amour. Le souvenir de la mort n'est plus, dès lors, dissociable de la vie avec le Christ, pour laquelle nous sommes faits et vers laquelle nous tendons ; et les épreuves, inévitablement semées dans notre existence terrestre, sont déjà effacées dans la surenchère de Dieu. Rien ne peut désormais attaquer la joie de ceux et de celles que Dieu tient dans sa main.

 

Page d'accueil

 

Homélies nouvelles