"Ce qui est humble"

Rm 12,16

 

 

 

 

 

 

Saint Paul, dans ses consignes à la communauté, dit aux Romains :

"N'ayez pas le goût des grandeurs, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble".

 

C'est comme un portrait de la Vierge de Nazareth : au moment même où Dieu faisait en elle "de grandes choses", elle se situait devant lui humblement, en servante.

L'authenticité de son amour de Dieu et la limpidité de son être lui faisaient éviter tous les pièges de l'humilité,

l'humilité de celle qui souffre de se déprécier toujours à ses propres yeux,

l'humilité de celle qui s'efface, non pour faire place à l'autre, mais parce qu'elle vit mal le vis-à-vis et les confrontations amicales,

l'humilité rétractile de celle qui a peur de décevoir ou d'être déçue.

 

 

"Laissez-vous attirer par ce qui est humble", dit Paul.

Mais l'exemple de Marie nous aide à purifier et à clarifier cette attirance.

 

Il ne faudrait pas, en effet, confondre cette attirance paulinienne pour l'effacement

avec nos retraits de personnes trop vite blessées,

avec nos craintes de  ternir l'image de nous-mêmes ou d'entamer notre capital de sympathie,

ou avec des réflexes de fermeture ou d'isolement.

 

Si l'on se tait ou si l'on s'efface pour ne pas passer en force, c'est évangélique ;

si l'effacement devient le langage d'une volonté de puissance,

  d'une volonté d'autonomie,

  d'une peur qui n'est pas encore donnée à Dieu,

on tourne le dos, consciemment ou non, à la douceur et à la joie de Jésus.

 

L'humilité, selon Marie, est une pauvreté de cœur

qui nous insère efficacement dans le peuple de Dieu, dans le peuple des pauvres de cœur.

C'est l'humilité d'une servante heureuse de servir, soucieuse uniquement de plaire au Dieu de l'appel.

 

C'est cette humilité-là qui nous rapproche de Dieu au quotidien.

Comme le dit Augustin dans un de ces raccourcis dont il a le secret  :

 

"Celui-là plaît à Dieu qui se plaît en Dieu" (Comm. du Ps 32)

 

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