Fille de Sion

Za 2,14-17

 

 

 

 

 

 

 

 

Tiré des deux appels de Zacharie aux exilés, cet encouragement à la Fille de Sion, ou plus exactement à la fille Sion, car la Ville Sainte est personnifiée comme une jeune femme, est ressaisi par l'Église comme une promesse à Marie Mère de Dieu.

 

"Voici que je viens, j'habiterai au milieu de toi", dit le Seigneur à la Ville Sainte, mais il ne s'agira pas seulement de l'accueillir, lui, qui viendra mettre fin à des années d'exil ; il faudra s'ouvrir au partage de cette grâce :"En ce jour-là des nations nombreuses s'attacheront au Seigneur", si bien que l'élection d'Israël n'empêchera pas l'élection de toutes les nations : "Elles seront pour moi un peuple, et j'habiterai au milieu de toi". L'inhabitation de Dieu sera inséparable de la mission de son peuple : Israël devra rassembler pour mériter d'être habité.

 

Et cette habitation permanente de Dieu s'accompagnera pour Sion d'une prise de conscience : elle saura que son Dieu lui a envoyé son prophète : "Le Seigneur de l'univers m'a envoyé vers toi" ; mais surtout la Ville  Sainte se sentira la chose de Dieu, et sentira le poids de son élection : "Le Seigneur prendra possession de Juda, son domaine sur la terre sainte ; il choisira de nouveau Jérusalem"

 

Ainsi en va-t-il de la Vierge Marie. L'Ange vient de la proclamer plus bénie que toutes les femmes, et elle se sait depuis longtemps l'objet de la faveur de Dieu. Mais quand le Fils de Dieu lui fait l'honneur de prendre chair de sa chair, quand il vient pour toujours habiter en elle, elle inclut déjà en elle, par la grâce de Dieu, tous ceux qui le révèrent et tous ceux qui le cherchent. Son privilège inouï d'être la Mère de Dieu n'abolit pas, mais renforce notre élection. Dieu vient à nous au point de se choisir parmi nous une mère ; Dieu attache à sa Mère tous ceux qu'il vient sauver, et nous demande d'être solidaires avec elle pour l'accueil de la rédemption.

 

Mais Marie montre la voie à toutes les femmes de prière. Elles aussi, chaque jour, sont visitées avec infiniment de douceur, et peuvent tout construire sur la certitude d'être aimées ; mais elles aussi ont à accueillir ceux et celles que le Seigneur accroche à leur vie ; ils seront pour lui un peuple, un peuple bigarré, aimé justement dans sa diversité, et le Seigneur habitera au milieu de nous, au milieu du peuple accueilli par amour.

 

Le Seigneur est sorti de sa demeure sainte. Il a décidé de se lier pour toujours à notre histoire, et d'habiter au milieu de nous dans la chair prise de Marie. Le Seigneur nous fait participer mystérieusement à son désir de rassembler en lui tous les hommes. Dans notre pauvreté, soyons des rassembleurs : c'est le destin dont Dieu nous enrichit.

 

Le Seigneur "s'est réveillé" du long sommeil qui a entouré son dessein : que toute créature fasse silence devant lui, car il est venu pour sauver la terre.

 

 

Page d'accueil

 

Homélies nouvelles