L'Esprit est notre vie

Rm 8,1-11

 

           

            À certains jours notre prière se fait action de grâces pour ce que Dieu a fait et fait encore pour notre bonheur. C'est le cas aujourd'hui où saint Paul, au milieu de l'épître aux Romains, nous fait méditer sur l'œuvre de l'Esprit.

 

            Le plan de Dieu, c'était que l'homme puisse vivre la véritable "justice" (dikaiôma) qu'il réclame, que chacun puisse s'ajuster pleinement à sa volonté porteuse d'amour. Dieu, pour cela , nous a donné son Fils, et désormais, branchés sur ce Fils, nous pouvons vivre en amitié avec Dieu.

            Comment sommes-nous branchés sur le Fils ? par le baptême, grâce à l'Esprit.

 

²  Première affirmation de Paul : ceux qui vivent selon l'Esprit n'obéissent plus aux injonctions de la chair. Là tout de suite nous butons contre une particularité du langage biblique. "Chair", dans la Bible, désigne rarement la chair et les os de l'homme, sa réalité corporelle ; mais le mot renvoie à l'intégralité de l'homme, avec son corps, son intelligence, sa volonté, son affectivité. La "chair" (sarx, bāsār), c'est bien tout l'homme, mais l'homme affecté de son coefficient de caducité, de fragilité, de labilité morale ; c'est l'homme laissé à ses limites, à ses misères, à son illusion d'autonomie.

            La chair, c'est l'homme clos sur lui-même, l'homme enfermé et raidi, l'homme abandonné à la force de ses désirs et soupçonneux devant les choses de Dieu. C'est la courbure de l'homme sur lui-même, c'est l'individu dans son autosuffisance, et c'est en même temps l'ensemble de l'humanité qui vit cette fermeture et ce soupçon. De toutes ces sujétions l'homme est libéré s'il vit selon l'Esprit de Dieu et du Christ.

 

²  Deuxième certitude, majeure pour saint Paul : les désirs de l'Esprit sont la vie et la paix.

Car l'Esprit est "l'Esprit de vie" (8,2), et l'emprise ("Loi") de l'Esprit nous libère, en Christ Jésus, de toutes les contraintes ("Loi") imposées par le péché. Dieu nous achemine ainsi vers la paix de son règne (Rm 14,17; 1 Cori 7,15). Cette paix que Dieu donne (2 Th 3,16) est "la paix du Christ" (Col 3,15), et même Christ Jésus lui-même, qui l'établit et l'annonce (E 2,14-17) ; voilà pourquoi elle surpasse toute intelligence (Ph 4,17).

            Ainsi tous ceux qui consentent à l'Esprit, qui "se laissent à l'Esprit" (Olier) voient s'ouvrir pour eux la vie et la paix du salut.

 

²  Enfin, - et c'est devant cette perspective que Paul nous laisse aujourd'hui -, avec l'Esprit tout débouche sur la résurrection : si l'Esprit de Dieu habite en nous, Dieu par Lui donnera la vie aussi à nos corps mortels (v.11).

            Être dans l'Esprit, se laisser conduire par l'Esprit, cela signifie donc non seulement marcher présentement dans la "justice" (dikaiosunè), mais vivre pour le futur du salut. Dieu, qui a ressuscité Jésus, Dieu qui, par la force de son Esprit, nous a donné de vivre en êtres libres depuis notre baptême, nous prendra un jour dans la résurrection de Jésus.

 

            Notre salut, c'est tout cela, et pas moins que cela, et de tout cela ensemble nous rendons grâces à Dieu qui agit comme un Père.

                                                

Tout cela est l'œuvre de l'Esprit. Tout cela est à recevoir dans la joie. 

 

 

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