L'Esprit du Seigneur emplit l'univers

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous voici partis pour plusieurs semaines dans le message de la Sagesse. L'une des difficultés qui attend le lecteur chrétien, difficulté qui au fond est richesse, c'est que l'on ne peut rapporter la Sagesse tout uniment au Verbe fait chair, ni tout uniment à l'Esprit Saint, parce certains traits la rapprochent du Fils de Dieu venu parmi les hommes et par d'autres traits la Sagesse évoque l'Esprit Saint, puissant et insaisissable, à l'œuvre à toute heure pour faire de nous des fils et des filles de Dieu.

 

En tant qu'Esprit (pneuma) la Sagesse remplit l'univers et assure sa cohérence, elle est la force du Créateur qui unifie le monde et en fait un tout harmonieux (kosmos), elle "tient ensemble" tous les êtres et entend toute voix, tout gémissement nous dit saint Paul, le gémissement de la création dans son long travail d'enfantement, le gémissement de l'homme qui attend la résurrection de son corps, et qui reprend ces deux gémissements pour y mêler son propre gémissement ineffable, et intercéder à toute heure selon Dieu.

 

Et c'est cet Esprit de Dieu, sans visage et sans mesure, qui "aime les hommes" et se fait invisiblement leur éducateur, si l'homme, une bonne fois, choisit un sentier de droiture : pas de blasphème, pas de pensées tortueuses, pas de pensées sans intelligence, c'est-à-dire pas de mouvements qui ne soient référés à Dieu, pas d'âme qui "médite le mal", c'est-à-dire pas de retour sur soi-même et pas de pensées agressives sur les autres. Et tous ces réflexes qui "mettent en échec les insensés", rapprochent du Seigneur Jésus "ceux qui ne refusent pas de croire en lui" et qui le cherchent avec un cœur simple.

 

Le Christ se laisse trouver par ceux qui ne veulent pas le mettre à l'épreuve , qui ne provoquent pas sa toute-puissance, et se manifeste, comme il l'a promis, à ceux qui ne refusent pas de faire fond sur sa bonté, sur sa volonté de sauver tous les hommes. Guidés par l'Esprit, nous accédons à la vérité tout entière, et nous trouvons dans le Fils unique ce que toujours nous avons cherché, et plus encore, car il peut nous donner infiniment au-delà de ce que nous pouvons demander ou même concevoir.

 

C'est tout cela que Dieu découvre en nous, quand il sonde nos reins et nos cœurs, et quand il entend, par l'Esprit, tout ce qui se dit en nous et tout ce qui voudrait se dire, le langage de notre fidélité et le langage de notre pauvreté, ce meilleur de nous-mêmes que  seul est capable d'entendre dans le secret. C'est tout ce travail intérieur qu'accomplit le Père "qui travaille toujours", et qu'Elisabeth résumait dans sa prière, quand elle sentait la sève qui traversait son sarment : "Ô mon Dieu , Trinité que j'adore, ô mon Dieu, ma béatitude".

 

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