Épiphanie : lumière et mission (Mt 2)

² "Épiphanie" veut dire manifestation. Dieu, par l'incarnation de son Fils, manifeste en effet son amour pour les hommes. Dieu manifeste aussi la divinité et l'humanité de ce Fils, unies quoique distinctes dans sa Personne, sans confusion et sans mélange.
Cette fête de l'Épiphanie ne fait pas double emploi avec celle de Noël ; elle apporte simplement un éclairage complémentaire : Noël nous rappelle la naissance du Christ, dans la faiblesse et la pauvreté de sa nature humaine, l'Épiphanie vient nous redire la majesté divine, qui brille à travers l'humanité de Jésus et qui illumine le monde.

² De temps immémorial, en Orient, surtout en Égypte, on fêtait le solstice d'hiver, le 6 janvier du calendrier julien. Durant la nuit des processions se déroulaient dans les temples, au cri de :"la lumière augmente !" ¨Primitivement, cette fête doit avoir été consacrée à Osiris, dieu du soleil : sa lumière peut faiblir et diminuer, mais à ce moment elle grandit, comme un nouveau-né : "la lumière augmente !"
À la période hellénistique le dieu soleil devient un personnage plus spirituel (: l'Éon).
Au IVe siècle, la fête a été remplacée et christianisée par l'Église : on  y célèbre désormais l'Incarnation du Verbe, l'entrée du Fils de Dieu dans le monde. Avec le Christ la vraie lumière s'est levée : la lumière du monde est née, et le baptême est, pour chacun des croyants, une "illumination".

Fête de la lumière.

Une lumière, celle de l'étoile nouvelle, a décidé les Mages à se mettre en route, lumière passagère, qui devait les conduire à la vraie Lumière, Jésus, "qui venait dans le monde, éclairant tout homme".
De même la lumière provisoire de la foi nous mène jour après jour au face à face, à la lumière définitive de la gloire de Dieu, et c'est spécialement vrai pour le monde de la science.

Fête missionnaire.

Dès son berceau, Jésus a voulu rassembler non seulement "ceux qui étaient tout près" (les bergers), mais ceux qui étaient loin" (les Mages). Le Christ est en effet une lumière qui rassemble.
Comme l'a deviné le sens inné des chrétiens, quand le Christ lumière a commencé d'éclairer le monde, toutes les nations se sont mises en route, en la personne de ces Mages ; et Jésus a voulu que quelque chose de sa lumière à lui brille dans son Église-Épouse. Dans l'AT, "la gloire de Dieu s'est levée sur Jérusalem ; les nations marchent à sa lumière et les rois à la clarté de son aurore" (Is 60). Dans le NT, la nouvelle Jérusalem est l'Église ; elle est illuminée la lumière du Christ et elle est chargée de la porter jusqu'aux confins de la terre. C'est pourquoi toutes les nations peu à peu entrent dans l'Église, car c'est en elle, pauvre et riche à la fois, que l'on trouve le Christ ici-bas.

Fête de notre mission.

Les Mages sont venus au Christ et sont repartis vers leurs frères, mais avec le Christ dans les yeux et dans le cœur.
De même nous acceptons chaque jour un double mouvement : nous venons au Christ "avec os présents", non pas "l'or, l'encens et la myrrhe", mais l'offrande de nos journées, unies à l'Eucharistie du Seigneur, et "par un autre chemin" nous portons le Christ à nos frères.
Ceux qui ont vu et compris la crèche ne peuvent revenir à leur vie de tous les jours par le même chemin. Retourner par les mêmes pistes, ce serait retrouver Hérode, les mensonges et les compromis.
Chaque rencontre du Christ efface nos traces. En quittant la crèche, nous retrouvons un chemin nouveau, ou pas de chemin du tout.

Et par là on va plus vite

 

 

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