Le diamant de votre amour

 

 

 

 

 

 

²  D'image en image, de parole en parole, vous venez de nous introduire tous dans votre méditation et dans le projet de votre amour. Sans renier le décor de la fête, qui est un langage irremplaçable de l'amitié, vous avez voulu pour vous, et pour nous avec vous, ce long moment d'intériorité, pour nous faire mieux deviner l'espérance qui vous habite aujourd'hui et pour nous amener à la profondeur où vous voulez que résonne votre engagement.

 

Peu à peu les images, avec leur puissance de rêve, nous ont conduits jusqu'à l'envers des choses, jusqu'à la beauté cachée dans le moindre geste de l'homme dès lors qu'il est porteur de liberté et de tendresse.

Peu à peu les mots de tous les jours se sont chargés d'une gravité nouvelle et nous ont redit , paisiblement, les grands enjeux de notre vie, devant Dieu et devant les hommes.

 

Quelque part, au milieu de tout cela, il y a, rayonnant et discret, le diamant de votre amour, dans son écrin de silence. Nous l'avons entrevu par éclairs, et cela suffit à notre joie ; nous ne chercherons pas à en percer le secret, sachant bien qu'il vous faudra à vous-mêmes toute une vie pour le découvrir, avec émerveillement et action de grâces.

 

 

²         Vous vous êtes mis, à deux, en quête d'une sagesse, et vous venez de nous partager, à travers ce poème de vos noces, vos grandes convictions de toujours et les nouvelles intuitions nées déjà de votre amour.

C'est bien l'amour, en effet, qui vous a mis en travail et en route.

Quittant votre île et les faux abris, vous vous embarquez ensemble pour vivre à deux l'appel entendu, pour affronter à deux le risque de la haute mer et pour devenir à deux les porte-parole de l'amour que Dieu montre à l'homme en Jésus Christ.

 

Car c'est une sagesse chrétienne qui seule peut vous combler, et c'est bien pourquoi, insensiblement, dans l'évocation de tout à l'heure comme dans le texte de votre propre vie, la parole de Jésus a pris le relais de la parole humaine.

En relisant ensemble l'Évangile pour y chercher, dans la foi, la charte de votre amour, vous vous êtes sentis, d'instinct, en consonance avec le message proclamé par Jésus sur les collines de Galilée, et deux petites phrases du Maître vous ont paru résumer à la fois votre idéal de foyer et le cheminement de la grâce dans votre vie :

 

"Vous êtes le sel de la terre".

"Vous êtes la lumière du monde".

 

Oui, soyez le sel de la terre, et grâce à la force même de votre amour chrétien, gardez à votre vie la saveur de l'Évangile qui vous a séduits.

Alors dans votre maison la lumière ne s'éteindra pas, cette lumière chaude et discrète qui vous convient si bien à tous les deux, la lumière qui invite à entrer et qui révèle les visages tout en laissant à chacun son mystère.

Soyez sel, soyez lumière, misez demain comme aujourd'hui sur l'être profond, sur l'authenticité de la foi ; alors vous deviendrez, à deux, un relais vers l'amitié du Christ et votre sagesse deviendra contagieuse.

 

 

²  D'ailleurs, si vous pouvez, aujourd'hui, envisager humblement de partager votre sagesse chrétienne, c'est parce que vous-mêmes l'avez reçue.

 

Vous l'avez reçue de Dieu, dans le dialogue de la prière ;

vous l'avez reçue également de ceux qui vous ont façonné un corps et un cœur,

et vous êtes à même aujourd'hui, aujourd'hui surtout, de mesure l'ampleur de votre dette.

Ce moment où va naître votre foyer, cet instant qui est le grand printemps de votre amour, marque pour eux une nouvelle présence de l'automne.

Ainsi va la vie, mais l'automne peut être serein lorsque la moisson a été belle, et pour ceux qui vous ont portés, puis guidés, puis discrètement accompagnés, le bonheur est aujourd'hui de s'effacer devant votre bonheur. De la vie qu'ils vous ont donnée de nouvelles vies vont naître. Ils ont voulu faire de vous des êtres libres.

 

Hughes, Inès,

 

après le temps de l'écoute, que nous venons de vivre avec vous, voici venu le temps de votre parole.

 

Votre parole, vous allez l'engager devant Dieu,

devant nous tous qui sommes autour de vous l'Église vivante de Jésus,

devant ceux qui ont été les témoins de votre cheminement chrétien,

devant vos frères et sœurs qui, pour beaucoup déjà, vivent l'aventure courageuse des foyers chrétiens,

devant ceux et celles que déjà vous avez su aider,

devant ce groupe à l'amitié si virile et si chaude

qui est venu chanter avec vous la joie et célébrer à travers vous la fidélité de Dieu.

 

Hughes, Inès,

 

le oui que vous allez vous dire l'un à l'autre,

que Dieu l'entende, et que le Christ en soit pour toujours le garant.

 

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