Thérèse et le désir de Dieu

 

 

 

 

 

Demeurer dans l'amour du Christ, dans l'amour du Sauveur pour le monde, c'était l'unique souci, l'unique passion de la grande Thérèse, comme de tous les saints.

 

Pour elle, demeurer dans l'amour, cela recouvrait deux attitudes, deux réflexes indissociables :

-se laisser aimer par Dieu, en son Christ, autant qu'il voulait l'aimer, en lui laissant toute liberté ;

- rejoindre Dieu activement, courageusement, pauvrement, en rendant au Christ amour pour amour, et en attendant le jour heureux, dans l'au-delà, où elle serait définitivement "naturalisée" avec la vie de son Seigneur.

           

Cet amour-réponse, parce que Thérèse avait le cœur grand, a toujours pris le visage de la gratuité : gratuité des longues heures qu'elle a vouées à l'oraison, au cloître ou dans sa mauvaise carriole, en pure perte d'elle-même, gratuité de son labeur de fondatrice, où elle ne cherchait qu'à "contenter Dieu".

            Parce qu'elle se voulait servante, le Christ l'a appelée son amie, et l'a fait entrer dans les secrets du Père ; parce qu'elle ne voulait d'autre liberté que d'être captive de son Roi, Dieu lui a donné de porter du fruit, du fruit qui demeure encore ; parce qu'elle ne gardait d'autre désir que de rejoindre le désir de Dieu, son cœur a trouvé un espace, et sa vie, jusqu'au bout, est restée légère.

           

Dans le vouloir du Père elle puisait sa joie, et c'était en elle la joie de Jésus, selon la promesse du Maître lui- même :"Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous".

           

La mort d'amour, la joie, la liberté : toutes ces réalités qui habitaient le cœur du Christ au moment des adieux, écoutons-les, en écho, dans des extraits de la belle prière de Thérèse, l'Exclamation XVIIe.

 

2."Veuille pour moi tout ce qu'il te plaira de vouloir ; c'est ce que je veux, car tout mon bien consiste à te contenter".

3."Qu'il meure, ce moi, et qu'un Autre, plus grand que moi et meilleur pour moi que moi-même, vive désormais en moi, afin que je puisse le servir ! Qu'il vive et me donne la vie ! Qu'il règne, et que je sois son esclave ! Mon âme ne veut pas d'autre liberté !"

"L'amour est fort comme la mort et dur comme l'enfer ! Heureux qui se verra déjà mort de ses mains et se verra plongé dans cet enfer divin, sans espoir, oui sans espoir d'en jamais sortir, ou, pour mieux dire, sans crainte de s'en voir jamais banni !"

4."Bref est toujours le temps quand il s'agit de l'échanger pour ton éternité, mais qu'une seule journée, une seule heure paraît longue, lorsqu'on ignore si l'on ne va pas t'offenser et que l'on craint de le faire !"

"Oh! quand viendra cet heureux jour où tu seras noyé dans l'océan sans rivages de la souveraine Vérité, où tu n'auras plus la liberté de pécher et ne voudras pas l'avoir, parce que tu seras à l'abri de toute misère et naturalisé avec la vie même de ton Dieu !"

 

 

 

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