L'Artisan

Sg 13,1-9

 

 

 

 

 

 

 

Celui qui est, l'Artisan, le Maître des choses, l'Auteur de la Beauté, aucun titre à lui seul ne peut dire pour l'auteur de la Sagesse la beauté et la puissance du Créateur. Le mot-clef est "analogie", et il est employé par notre auteur :"La grandeur, dit-il, et la beauté des créatures font, par analogie, découvrir leur Auteur". Cela semble tout naturel à l'auteur grec de la Sagesse: le mouvement instinctif doit être de lever les yeux. Or les penseurs de son temps ne songent pas à lever les yeux : "Plongés au milieu des œuvres, ils se laissent prendre aux apparences, car ce qui s'offre à leurs yeux est si beau !"

 

Et ils divinisent directement ce qui charment leurs yeux  :"Le feu, le vent, la brise légère, la ronde des étoiles, la violence des flots, les luminaires du ciel, censés gouverner le monde". Frappés de la puissance et de l'efficacité des choses, ils leur attribue ce qui revient à Dieu seul, qui a voulu, pensé et réalisé ces choses pour le bonheur des hommes , et pour qui la nature prend sa belle parure d'automne. Leur regard s'arrête trop tôt. Certes, ces hommes"ne méritent qu'un blâme léger, car ils ne s'égarent peut-être qu'en cherchant Dieu avec le désir de Le trouver", et pourtant ils sont inexcusables parce qu'ils ne vont pas au bout de leur intelligence des choses, et restent aux portes de l'analogie.

 

Nos contemporains ne sont pas menacés de diviniser ce qu'ils voient, mais bien plutôt de ne pas vouloir de Dieu du tout. Leur curiosité s'arrête avant l'interrogation ; ils se contentent de la beauté sans en chercher le Responsable. La beauté ne leur parle de personne et leur cœur se prive de Quelqu'un à aimer. "Ils ont poussé la science à un degré tel qu'ils sont capables d'avoir une idée sur le cours des choses". Comment n'ont-ils pas découvert plus vite Celui qui en est le Maître ? Pauvreté du regard de ces hommes ! Alors que Dieu leur a donné l'intelligence pour être la voix de cet univers sans voix, pour être le chantre de cette création, œuvre de beauté et d'amour, ils se taisent et s'arrêtent aux choses !

 

Rien n'est divinisé, rien ni personne. Et finalement l'homme se retrouve perdu, dans un univers trop grand pour lui et qui va on ne sait où. Mais les communautés qui ont gardé la foi assument le devoir de louange au nom de tous ceux qui n'ont pas d'espérance. D'autant plus que Celui par qui et pour qui tout a été fait est devenu l'un de nous pour toujours et a pris fait et cause pour l'homme , chantre de la création. Pour nous c'est d'un même cœur que nous chantons le Créateur de la beauté et le recréateur de l'homme, et notre Eucharistie de tous les jours est à la fois une action de grâce pour tous les dons de Dieu et un merci filial pour son œuvre de rédemption.

 

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