Abraham, notre père dans la foi

 

Rm 4,1-8

                       

 

 

Pour montrer combien il est nécessaire que se révèle ce qu'il appelle la "justice" de Dieu, Saint Paul vient à parler de la justice d'Abraham, notre père dans la foi.

 

                        ²  Nous sentons bien qu'il s'agit d'un sens du mot "justice" auquel notre culture occidentale ne nous a guère habitués. Dieu n'est pas dit juste envers l'homme parce qu'il se soumet à des normes de justice habituelles aux humains, et qui lui viendraient comme de l'extérieur. Dieu est juste envers l'homme, au sens biblique, parce qu'il demeure constant dans son propos d'Alliance, propos d'amour, de paix et de pardon. Et l'homme – toujours au sens biblique – peut être dit juste envers Dieu quand il s'ajuste à ce plan d'Alliance, d'amour, de paix et de pardon ; c'est pourquoi le NT appelle Joseph "un homme juste", parce qu'il était pleinement accordé à Dieu et à son plan.

 

                        ²  Voilà, nous dit Saint Paul, la véritable notion de "justice". Tout part de Dieu, de son amour et de son pardon : c'est parce que Dieu est "juste" et veut pour l'homme l'Alliance et le pardon, que l'homme peut à son tour entrer dans la miséricorde et être appelé "juste" envers Dieu. Ce qui est premier, ce ne sont pas les bonnes œuvres de l'homme, mais la bonté de Dieu. Bien sûr, l'homme, s'il veut s'aligner sur la volonté de Dieu, cherchera à lui répondre par de bonnes œuvres, mais s'il peut ainsi répondre, c'est qu'il a d'abord été prévenu par la bonté de Dieu. Encore une fois, ce qui est premier, c'est la décision d'aimer, qui jaillit du cœur de Dieu, et non pas un petit tas de bonnes œuvres, qui achèteraient le label d' "homme juste".

 

                        ²  Et c'est ce que Paul entreprend de nous montrer à propos d'Abraham, l'exemple incontestable, en citant coup sur coup un texte de la Torah et un texte des Psaumes.

                        La Torah, car il est écrit (Gn 15,6) : " Abraham crut Dieu, et ce lui fut compté comme justice" ; le Psaume, car nous lisons (Ps 32,1-2) : "Heureux ceux dont les iniquités ont été remises et les péchés couverts ! Heureux l'homme  à qui le Seigneur ne compte pas de péché". Autrement dit :"Heureux, tel Abraham, celui qui fait fond sur la parole de Dieu. Heureux celui qui a tout bâti sur la certitude d'être aimé et pardonné"

 

²  Et ce qui assura le bonheur d'Abraham, notre père dans la foi, se vérifie chaque jour dans notre propre vie. Quel que soit notre parcours, nous sommes précédés par l'amour de Dieu, et nos bonnes œuvres ne sont jamais qu'une conséquence du regard d'amour que notre Père a porté sur nous. Notre bonheur, c'est de répondre à cet amour, comme Abraham a répondu à Dieu en marchant devant Lui. Et lorsque Dieu daigne récompenser notre réponse et nos efforts, Il est lui-même la mesure de notre récompense. 

 

Au départ de tout, il y a un amour, insensé, incompréhensible.

Mais nous ne referons pas Dieu.

 

 

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